Le P.-D.G. de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, a fait son mea culpa cette semaine pour les pertes de marché de plus de 2 milliards de dollars essuyées ces derniers mois par sa banque. Lors d’une audition au Congrès américain, il a aussi appelé à la prudence dans la réglementation sur les prises de risque. "Faites en sorte que la régulation marche pour l’Amérique", a imploré M. Dimon à la fin d’une audition où il est resté serein face aux questions de la Commission des affaires bancaires du Sénat.

D’emblée, il a assuré que la banque était "désolée" des erreurs commises ayant conduit à cet "événement isolé", et il a assumé personnellement une partie au moins de la responsabilité, dédouanant les régulateurs et le conseil d’administration. "Le service des investissements - l’unité de la banque où ont eu lieu les pertes - aurait dû être plus supervisé par la haute direction, moi y compris", a-t-il noté. "C’est un problème que je mets complètement sur le compte de la direction, plutôt que sur celui du conseil d’administration ou des régulateurs chargés de la surveillance", a ajouté Jamie Dimon. Celui-ci a attribué les pertes à un contrôle insuffisant de la stratégie des courtiers ayant piloté les opérations risquées, à des limites de risques pas assez précises, à des changements de personnel en cours dans l’équipe chargée de superviser ces opérations, et à l’insuffisance des contrôles au niveau de la "haute direction" de la banque. Répondant à des questions, il a aussi indiqué que lorsque le 13 avril, il avait traité de "tempête dans un verre d’eau" les risques pris par le courtier qui a été surnommé dans la presse "la baleine de Londres", la situation n’était pas encore aussi dégradée qu’elle ne l’est devenue par la suite. "Aucune hypothèse ne pouvait montrer que cela deviendrait aussi grave que ça l’est devenu après le 13 avril", a-t-il dit. Mais quant aux leçons à tirer de ces pertes qui, a-t-il assuré, n’empêcheront pas la banque d’être "solidement bénéficiaire" ce trimestre, il a appelé à la plus grande prudence face à tout durcissement de la réglementation, craignant qu’on "jette le bébé avec l’eau du bain". (AFP)