C’est une décision radicale que vient de prendre Le Pain quotidien : l’enseigne a décidé de fermer temporairement 13 boulangeries en raison de la crise du coronavirus. "Avec des restaurants fermés et trop peu de soutien, ce n’est pas tenable", explique la CEO Annick Van Overstraeten.

L’entreprise indique avoir gardé la quasi-totalité de ses boulangeries ouvertes depuis le début de la pandémie mais que cette situation n’est plus tenable en raison des restaurants fermés et de l’absence de perspective d’amélioration. La CEO évoque également un "manque de soutien du gouvernement". "Le Pain quotidien est très déçu des annonces faites au terme du Comité de concertation de vendredi dernier, ajoute-t-elle. Trop vague, le message du gouvernement sur une possible réouverture à partir du 1er mai est émaillé de nombreuses réserves et conditions."

La chaîne se dit donc contrainte de fermer temporairement la moitié de ses boulangeries en Belgique, notamment deux à Bruxelles, trois à Anvers ainsi que les établissements de Liège, Waterloo et Wavre. Ils rouvriront en même temps que les restaurants, lorsque les clients pourront consommer à l’extérieur comme à l’intérieur.

"Les bazookas sont des pistolets en plastique "

Dans une carte blanche publiée mardi sur le site de La Libre, Annick Van Overstraeten s’était déjà plainte de l’efficacité et de l’importance des mesures de soutien prévues par les autorités belges, en comparaison aux dispositifs prévus dans d’autres pays européens. "Au final, les ‘bazookas’ sont des pistolets en plastique. Hormis le chômage temporaire et la réduction temporaire de la TVA, il y a très peu de soutien, voire pas du tout. Dans le cas du Pain quotidien, une comparaison avec d’autres pays montre que l’aide reçue et/ou promise pour 2021 en Belgique ne couvre que 1,5 % des coûts fixes, contre plus de 50,5 % aux Pays-Bas. De plus, seul le gouvernement flamand intervient, alors que le gouvernement fédéral est à la traîne. En outre, les primes (régionales) étant limitées à un montant maximum, les grands employeurs sont encore plus pénalisés. Aux Pays-Bas, le gouvernement couvre les coûts fixes récurrents et une partie de la perte de chiffre d’affaires. En France, 32,8 % sont couverts par un fonds de solidarité qui compense une partie du chiffre d’affaires. Au Royaume-Uni (31,4 %), il existe un mélange entre un montant fixe par opération et une contribution aux frais de location", avait expliqué la patronne du Pain quotidien dans cette opinion que l’on peut relire sur notre site. Et de conclure : "Je ne demande qu’une chose au gouvernement fédéral : nous proposer des mesures de soutien qui nous soutiennent réellement. En ce qui me concerne, il faut copier-coller les mesures de soutien de nos pays voisins. […] Un secteur entier est menacé de disparaître. Quel chagrin pour la Belgique."

Exki ne suit pas la même voie

De son côté, Exki, dont 26 restaurants sont ouverts sur 41 dans notre pays, n’a pas l’intention de fermer temporairement des points de vente supplémentaires. "Nous avons décidé de ne pas rouvrir trois restaurants à Paris, mais ce n’est pas comparable au Pain quotidien, car ce sont des restaurants établis dans des zones de bureaux en devenir et dont le taux de remplissage ne se fait pas, bien entendu, au rythme attendu, pour deux d’entre eux, et le troisième est en zone à très forte densité de touristes qui ne reviendront pas aussi vite que souhaité", nous a répondu Frédéric Rouvez, CEO d’Exki.