Le parquet général a vivement critiqué ce qu'il considère comme des tentatives de la banque Dexia, essentiellement, de "mettre des bâtons dans les roues" du méga-procès Lernout & Hauspie. "On gonfle ce qui n'existe pas et on joue avec l'opinion publique en espérant que personne ne crèvera la baudruche. Ça ressemble fort à ce qui s'est passé à l'époque chez L & H", a lancé la substitute du procureur général Ann De Braekeleer. Elle évoquait ainsi la demande par Dexia de devoirs d'enquête complémentaires, qui a été rejetée la veille en chambre des mises en accusation.

Un autre inculpé, Philip Vermeulen, patron de la société de capitaux à risque FLV Fund, avait adopté la même stratégie, estimant avoir droit à des devoirs d'enquête complémentaires en raison de son inculpation tardive dans le dossier. Sa demande avait aussi été rejetée.

"Plusieurs prévenus me font penser à ces boxeurs qui s'accrochent de toutes leurs forces à leur adversaire. Ils savent que s'ils lâchent, ils recevront des coups", a enchaîné le procureur général Willem De Pauw, qui dit retrouver également des absurdités juridiques dans les plaidoiries de l'avocat de Philip Vermeulen. Sa défense affirme que le privilège de juridiction (le fait que le procès se déroule directement en appel en raison de la présence d'un juge suppléant parmi les inculpés) ne vaut pas pour M.Vermeulen, parce qu'il n'a jamais rencontré ce juge suppléant. "On est en période d'examens. Dites ça à un professeur et vous reviendrez en septembre", a ironisé le procureur général.

Ann De Braekeleer a encore dénoncé ce qu'elle considère comme les manoeuvres de la défense de retarder le procès, dans l'espoir que la cour d'appel n'aborde jamais le fond du dossier. Elle a répondu également au reproche adressé par Dexia concernant la mise hors cause de l'avocat Louis Verbeke. Ce dernier était soupçonné d'être au courant d'éventuelles irrégularités concernant le concept des "Language development companies", mais le parquet n'a pas trouvé d'éléments suffisants pour le poursuivre. "Thomas Denys, un ancien employé de son bureau, était en grande partie l'homme qui a développé ce concept. Il a ensuite été engagé chez L & H. Et il se trouve bien sur le banc des prévenus", a fait remarquer la substitute. (Belga)