Le géant européen de l'acier Arcelor a choisi une fusion avec un partenaire russe pour contrer l'offre de l'Indien Mittal, mais les ambitions d'Alexeï Mordachov et de son groupe Severstal, encore peu connu à l'étranger, pourraient effrayer les actionnaires d'Arcelor.

Arcelor a annoncé, vendredi, vouloir acheter Severstal en donnant un tiers de son capital au pdg Alexeï Mordachov pour une valeur de 12 milliards d'euros. Le milliardaire russe apporterait en échange la totalité de ses activités sidérurgiques et minières, plus 1,25 milliard d'euros en cash.

Au lendemain de l'annonce de ce projet qui devrait déboucher sur la création du premier sidérurgiste mondial, Alexeï Mordachov a suggéré qu'il pourrait chercher à renforcer son contrôle dans le nouveau géant au-delà de sa part, déjà conséquente, de 32 pc de l'actionnariat qu'il devrait recevoir initialement. «Je voudrais augmenter ma part jusqu'à 45 pc, mais dans le respect des intérêts des autres actionnaires et en suivant les autorités de régulation du Luxembourg, aujourd'hui, je n'ai pas ce droit», a déclaré le responsable à l'agence Interfax.

Selon les termes de l'accord entre les deux groupes, le milliardaire russe, qui contrôle 82 pc de Severstal, s'est engagé à ne pas accroître son niveau de participation dans Arcelor pendant quatre ans, et à ne pas céder ses actions Arcelor pendant cinq ans. «Nous n'avons pas peur de notre actionnaire russe, mais nous voulons une stabilité de notre actionnariat», a précisé Joseph Kinsch, le président du conseil d'administration d'Arcelor, commentant cette disposition devant la presse à Moscou.

La fusion, qui doit encore être approuvée par les autorités de la concurrence, doit être finalisée à la fin du mois de juillet, à moins qu'une majorité des actionnaires d'Arcelor ne rejette la transaction lors d'une assemblée générale prévue vers le 28 juin. Dans une interview au «Figaro» publiée samedi, Lakshmi Mittal, le patron du numéro un mondial de l'acier Mittal Steel, réaffirme être «déterminé à mener à terme» son offre sur le sidérurgiste européen Arcelor, malgré la fusion annoncée.

© La Libre Belgique 2006