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Au lendemain d’un scrutin législatif sans réel vainqueur et marqué par la montée du populisme, l’Italie est dans l’impasse politique. Ses partenaires européens s’en inquiètent. Et les marchés redeviennent nerveux.

"Peu réjouissant." Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a exprimé sans détour le sentiment qui habite les partenaires européens de l’Italie quant au résultat des élections législatives de dimanche et lundi derniers. "Pour sortir l’Europe de l’impasse économique, il faut une politique stable, et c’est également le cas pour Italie" , a précisé le Néerlandais.

On en est loin. Le scrutin italien a accouché d’une situation complexe, pour ne pas dire inextricable, rendant très compliquée, sinon impossible, la formation d’une coalition stable. La crainte des Européens est que l’instabilité politique de l’Italie n’aggrave une situation économique et budgétaire précaire et finisse par gagner l’ensemble de la zone euro, toujours convalescente. "Nous entendons bien le message d’inquiétude émis par les citoyens italiens", a déclaré à la presse Olivier Bailly, porte-parole de la Commission. Avant de rappeler que "l’Italie a pris des engagements vis-à-vis de la Commission et des autres Etats membres, s’agissant de la réduction de ses déficits, de la réduction de sa dette, et sur un certain nombre [...] de réformes structurelles". Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a prié les dirigeants italiens de "prendre leurs responsabilités" pour former un gouvernement qui "va continuer sur le chemin de ses prédécesseurs".

Mais dans l’Union, certains lisent dans les résultats du scrutin un message de rejet adressé à une Europe qu’ils jugent obsédée par la seule rigueur. " C’est quelque chose qu’à Bruxelles, nous devrions prendre très très au sérieux", s’inquiète le président du Parlement européen, Martin Schulz. "Quand on demande pendant une durée longue à des peuples de faire des sacrifices, alors il peut y avoir à la fin des rébellions", a prévenu le chef de la diplomatie française, Pierre Moscovici. Tandis que le chef du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, estime que "l’Union a une part de responsabilité dans ces résultats électoraux", pour avoir négligé de mettre en place des instruments de solidarité pour les pays très endettés, comme l’Italie.