Les "tensions" sont toujours là entre la France et les Pays-Pas depuis l'irruption surprise de l'Etat néerlandais au capital de l'alliance aérienne Air France-KLM, mais celles-ci sont "normales" et doivent être apaisées autour d'une table, ont déclaré le patron du groupe et celui de KLM, qui fêtait lundi ses 100 ans.

"Oui, il y a quelques tensions", a affirmé devant les journalistes le directeur général d'Air France-KLM, Ben Smith, aux Pays-Bas pour assister aux célébrations des 100 ans d'existence de la compagnie néerlandaise.

"Lorsque vous avez deux compagnies aériennes dans un même groupe qui sont si importantes pour chaque pays (...), il est naturel de voir que chaque gouvernement souhaite protéger leurs intérêts pour l'avenir", a-t-il ajouté, s'exprimant dans les locaux de KLM aux côtés du patron de la compagnie néerlandaise, Pieter Elbers.

Après l'irruption surprise de l'Etat néerlandais au capital d'Air France-KLM début 2019, les Pays-Bas et la France, actionnaire à hauteur de 14,3% du groupe, ont mis en place un groupe de travail sur l'avenir de l'entreprise afin d'apaiser les fortes tensions déclenchées par la prise de participation des Néerlandais, qui avait fait l'effet d'une douche froide à Paris.

Clarification 

Le directeur de l'Agence française des participations de l'Etat (APE), Martin Vial, a estimé vendredi que l'Etat néerlandais devait clarifier sa position au capital d'Air France-KLM et de KLM, alors qu'il est désormais à la fois actionnaire du groupe et de sa filiale.

"Ce qui est important, c'est qu'il y ait des discussions entre le gouvernement néerlandais, en tant que nouvel actionnaire, et le gouvernement français, en tant qu'actionnaire à long terme", pour "trouver un bon terrain d'entente afin d'aller de l'avant", a estimé M. Elbers.

Doutes sur la stratégie

L'entrée des Pays-Bas au capital d'Air France-KLM a été déclenchée par les doutes des Néerlandais sur la stratégie du groupe et la crainte de voir leurs intérêts négligés, en particulier concernant le maintien de la fonction de hub pour l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol.

Même si Air France pèse plus lourd que KLM dans l'alliance en termes de chiffre d'affaires (16 milliards d'euros en 2018 contre 11 pour le Néerlandais), KLM et ses pilotes ont eu la sensation ces dernières années de contribuer davantage à la rentabilité que leurs homologues français. La marge d'exploitation de KLM était de 9,8% en 2018 et de seulement 1,7% pour Air France.