Le titre BP a fortement reculé, ce mardi, à la Bourse de Londres. Selon le quotidien britannique "Financial Times", le nouveau patron exécutif du groupe pétrolier a affirmé en interne que le chiffre d'affaires du troisième trimestre du groupe pétrolier serait "épouvantable".

Fuites désastreuses

A la clôture, l'action BP affichait une perte de 2,88 pc par rapport à lundi, à 572,50 pence, dans un marché londonien en baisse de 1,07 pc. Le directeur général du groupe britannique, Tony Hayward, a prévenu des employés de son groupe que le chiffre d'affaires du troisième trimestre serait "épouvantable", lors d'une réunion à Houston (Texas, Sud des Etats-Unis), a rapporté hier le "Financial Times". Selon le quotidien britannique, qui dit avoir pu consulter un compte rendu de cette réunion, M. Hayward a également déclaré aux salariés que le groupe n'avait pas connu d'aussi piètres performances financières depuis 1992-1993.

Amélioration en vue ?

Toujours d'après ce mémo, le nouveau directeur général, qui a pris ses fonctions en mai, a indiqué que le chiffre d'affaires du quatrième trimestre serait en amélioration par rapport au troisième, grâce à l'entrée en exploitation de nouveaux programmes de production qui permettront d'extraire 250000 barils supplémentaires par jour.

Problèmes locaux

Le patron du groupe a expliqué la contre-performance attendue du troisième trimestre par les problèmes d'exploitation de la raffinerie américaine de Whiting (près de Chicago), et la réparation de celle de Texas City, qui plombent les chiffres de production du groupe depuis plusieurs trimestres, tout en promettant qu'elles fonctionneraient à nouveau à leur pleine capacité d'ici la fin de l'année. Un discours en deux tons...

Hiérarchie pléthorique

L'explosion de la raffinerie de Texas City avait fait quinze morts et 170 blessés en mars 2005, à cause d'erreurs internes reconnues par le groupe, semant le doute sur la sécurité de l'ensemble de ses sites.

M. Hayward a également critiqué le modèle d'organisation de BP : "Il y a des doublons en masse et on ne sait pas très bien qui fait quoi", aurait-il lancé devant ses employés, s'engageant à réduire le nombre d'échelons hiérarchiques de onze à sept.

Une porte-parole de BP n'a fait aucun commentaire sur ces informations. Mais une telle déclaration fait évidemment songer au risque d'un plan social portant précisément sur les emplois concernés. Un élément de plus susceptible de peser sur l'ambiance dans le groupe. (AFP)