Le conseil d'administration de Citigroup devait tenir dimanche une réunion d'urgence pour envisager de nouvelles dépréciations d'actifs liés à la débâcle des "subprimes" (crédits hypothécaires à risque) et se prononcer sur l'avenir de son dirigeant, affirmait la presse américaine ce week-end. Mais "Chuck" Prince, 57 ans, a préféré agir "avant que le conseil d'administration ne décide de son sort", et présenter sa démission, affirme le "Wall Street Journal", citant des sources proches du dossier. Citigroup n'a souhaité faire aucun commentaire.

Le départ de Charles Prince, s'il est confirmé, interviendrait moins d'une semaine après celui de Stanley O'Neal, PDG de Merrill Lynch, la banque qui a accusé les plus lourdes pertes liés à la déroute des "subprimes".

M.Prince, qui règne depuis quatre ans sur les destinées de Citigroup, s'est fréquemment vu reprocher de ne pas en tirer le maximum de rentabilité. Il a également été jugé insuffisamment prudent face au tumulte financier estival qui a fortement pénalisé les derniers résultats de la banque. Citigroup a vu son bénéfice net au 3e trimestre plonger de 57 pc, à 2,38 milliards de dollars, et a dû passer dans ses comptes 1,35 milliard de dépréciations. La banque a aussi perdu 1,56 milliard sur son portefeuille de titres obligataires adossés à des crédits "subprime".

Le titre a perdu près de 32 pc depuis le début de l'année.

Selon le "Wall Street Journal", Citigroup ferait en outre l'objet d'une enquête préliminaire de l'autorité de contrôle des bourses américaines (SEC) sur la façon dont elle a comptabilisé certaines transactions hors-bilan. Chuck Prince quitterait la banque avec une somme substantielle, ajoutent le "Wall Street Journal" et le "New York Times", qui citent des chiffres compris entre 31 et 94 millions de dollars.

Citigroup devrait nommer Robert Rubin, ancien secrétaire américain au Trésor, comme président intérimaire en attendant de trouver un remplaçant à Charles Prince, rapportait dimanche le "New York Times".