Dimitri Kennes est déçu. Le jeune directeur général de Dupuis (33 ans) a démissionné en raison de la politique d'intégration menée par sa maison mère, Média-Participations (Dargaud-Lombard). «J'espère me tromper», explique Dimitri Kennes. «Mais j'ai le sentiment que notre actionnaire retire progressivement son autonomie à Dupuis. Nous ne sommes plus maîtres des outils de gestion de la maison, comme les négociations avec notre distributeur, la politique commerciale ou encore la stratégie de marketing. Selon moi, ces compétences devraient rester du ressort exclusif du directeur général de la maison d'édition, car c'est à lui que les auteurs confient leurs oeuvres.»

Avant de quitter son poste, Dimitri Kennes avait écrit à Média-Participations en exposant les conditions dans lesquelles il entendait continuer à travailler. «Elles ont été refusées et j'en tire les conclusions», dit-il. «Mais je ne conteste pas qu'il faille réunir les moyens de Média-Participations et de Dupuis. Nos métiers industriels, comme la logistique, n'ont pas encore été mis en commun.»

Le patron de la maison mère, Claude de Saint-Vincent, a réagi dans un communiqué: «Nous regrettons vivement cette décision, Dimitri Kennes était un atout pour Dupuis.» Claude de Saint-Vincent assurera lui-même, avec le comité de direction de Dupuis, la direction opérationnelle de l'éditeur carolo jusqu'à la nomination d'un nouveau directeur général. «Cette décision ne remet pas en cause les projets de développement des éditions Dupuis tant en matière éditoriale qu'audiovisuelle ou commerciale, dont la manifestation la plus récente a été la relance et la nouvelle formule de Spirou heBDo en janvier», précise encore le patron de Média-Participations.

Dimitri Kennes ignore de quoi son avenir sera fait mais restera probablement dans l'édition. «Je suis tombé dedans quand j'étais petit», conclut-il.

© La Libre Belgique 2006