Un nouveau plan stratégique va être mis en place à la Sonaca, ont annoncé lundi le président du conseil d'administration de l'entreprise de construction aérospatiale basée à Gosselies, Pierre Sonveaux, et le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt (PS). La mise en oeuvre de ce plan se fera toutefois sans Christian Jacqmin, CEO de la Sonaca.

Le conseil d'administration de l'entreprise, qui emploie plus de 2 000 personnes dans le monde, a en effet accepté la démission de M.Jacqmin, officiellement pour donner de nouvelles orientations à sa carrière professionnelle. Cette démission fait suite à la remise d'une étude réalisée par le bureau Mc Kinsey qui s'est révélée assez mauvaise pour la Sonaca. Le départ de Christian Jacqmin était préférable pour l'entreprise, ont expliqué MM.Sonveaux et Marcourt lors d'une conférence de presse organisée hier en fin de journée.

Pierre Sonveaux a tenu à répéter que la Sonaca n'était pas un "canard boiteux". De son côté Jean-Claude Marcourt a insisté sur la nécessité pour la Sonaca - contrôlée à 88,6 pc par Wespavia (Région wallonne) - de prendre sans délai les dispositions nécessaires pour assurer son développement à long terme. Le plan stratégique devra donc être mis en place par un nouvel administrateur délégué.

Christian Jacqmin avait pris ses fonctions en 1996 et avait remis l'entreprise sur les rails à la suite d'une crise. En 2006, un nouveau signal d'alarme avait été tiré et un plan d'économies récurrentes de 63 millions d'euros avait été dégagé. "Mais les mesures de ce plan ne parviennent pas à se concrétiser. On plafonne à 52 millions. Tenant compte du cours du dollar, ces 63 millions doivent être atteints, c'est une obligation, et même dépassés", a remarqué M.Sonveaux.

En mai dernier, M.Jacqmin avait présenté de nouvelles pistes pour atteindre les objectifs mais celles-ci avaient été rejetées par le conseil d'administration. Une étude de Mc Kinsey a confirmé que le plan était insuffisant et a estimé qu'il était encore possible d'augmenter la productivité. Il n'est cependant pas question de perte d'emploi ou de réduction salariale, a précisé Jean-Claude Marcourt. Le plan Mc Kinsey a été chiffré. "Il s'agit de plusieurs dizaines de millions d'euros selon les premières estimations, sur une période de 4 ans. Mais pour l'atteindre, il faudra que chacun se remette en cause", a souligné M. Sonveaux.

Un conseil d'entreprise aura lieu ce mercredi.