Le P.D.G. de Merrill Lynch a quitté mardi ses fonctions. La banque d'affaires a publié la semaine dernière des résultats désastreux en pleine crise des "subprime". Mais Stan O'Neal paie aussi une usure en interne pour sa gestion tyrannique du pouvoir. Il s'agit du premier patron d'une grande banque mondiale à endosser personnellement la responsabilité des pertes liées aux crédits à risques.

"M. O'Neal et le conseil sont tombés d'accord sur le fait qu'un changement à la direction serait le meilleur moyen pour Merrill Lynch d'avancer", a commenté la banque. Cette dernière a choisi un administrateur, Alberto Cribiore, comme président non exécutif par intérim, et va continuer d'examiner des candidatures en interne et en externe.

Les mauvaises performances du groupe ces derniers mois, avec des dépréciations record de près de 8 milliards de dollars au 3e trimestre, expliquent le départ de M. O'Neal. Mais c'est aussi la dernière initiative en date de Stan O'Neal sur l'avenir du groupe qui aura eu raison de la patience du conseil pour ce dirigeant au tempérament notoirement difficile. La semaine dernière, M. O'Neal a contacté le P.D.G. de la banque Wachovia en vue d'un rapprochement sans consulter les administrateurs, déjà échaudés par les dépréciations record du 3e trimestre, selon des sources citées par la presse. Prié de s'expliquer devant le conseil d'administration, Stan O'Neal aurait démenti considérer une fusion avec une autre banque, alors que certains analystes envisagent sérieusement ce scénario. Ceux de Deutsche Bank tablaient encore lundi sur un prix de rachat de Merrill à 100-120 dollars par action. Un rapprochement aurait été le bienvenu pour M. O'Neal : selon un document au régulateur boursier SEC, le P.D.G., en cas de fusion de Merrill avec une autre banque, pouvait empocher plus de 200 millions de dollars en émoluments de départ. Selon la presse, M. O'Neal a obtenu 160 millions de dollars pour sa démission, à l'issue de négociations difficiles. (AFP)