Correspondant en Allemagne

Porsche vient de lancer une opération de charme à l'encontre des salariés de Volkswagen. Dans des placards publicitaires parus dans les grands journaux allemands, la direction du constructeur de voitures de sport essaie de dissiper les craintes des employés de VW, qu'intimident les méthodes de gestion rigoureuses du grand actionnaire Porsche.

Dans sa "lettre ouverte" Wendelin Wiedeking, président du directoire de Porsche, promet que Volkswagen ne sera pas "démantelé" et ne fusionnera pas non plus avec Porsche. Il assure que Porsche est synonyme de "garantie de l'emploi, des sites de production et des revenus salariaux".

Il rappelle qu'après avoir traversé une crise grave au début des années 90, Porsche est aujourd'hui "la société automobile la plus profitable du monde" et qu'elle paie des primes élevées aux collaborateurs, en l'occurrence 5200 euros cette année, choses dont "nous sommes bougrement fiers".

Il concède que les ouvriers de VW sont inquiets, mais, ajoute-t-il, "ces irritations reposent sur des rumeurs et spéculations n'ayant rien à voir avec la réalité".

"Vaches sacrées"

Il n'y a pas longtemps le même homme avait été considéré comme le "Barbe Bleue" du secteur. Pour le cas où Porsche augmenterait sa participation dans VW de 31 pc aujourd'hui à plus de 50 pc, il avait annoncé qu'il sacrifierait des "vaches sacrées", faisant entendre par là qu'il réduirait le niveau salarial élevé du groupe de Wolfsburg. On croyait également qu'il vendrait la filiale espagnole Seat, déficitaire depuis des années.

Deux événements récents ont libéré la voie à Porsche : en octobre la Cour de justice européenne a invalidé la loi Volkswagen qui limite à 20 pc le droit de vote des grands actionnaires et, peu après, le tribunal du travail de Stuttgart a autorisé Porsche à devenir une société de droit européen; le conseil d'entreprise de VW avait voulu empêcher l'opération, avançant qu'au conseil de surveillance de la future holding coiffant les deux entreprises siégeraient autant de représentants ouvriers de Porsche que de VW. Or, Porsche a 11 000 employés contre 324 000 pour Volkswagen.

Autant la lettre ouverte de Wiedeking se veut rassurante, autant la presse le soupçonne de vouloir enfoncer un coin entre les représentants ouvriers de VW et le personnel du groupe.