Le conseil d'administration de la première banque mondiale Citigroup, frappée de plein fouet par la crise des crédits hypothécaires à risque ("subprime") aux Etats-Unis, doit se réunir dimanche, et son PDG devrait y annoncer sa démission, affirme vendredi le Wall Street Journal.

Charles Prince "prévoit de démissionner lors d'une réunion du conseil d'administration dimanche", selon le site internet du quotidien américain des affaires, citant des sources proches du dossier.

Le PDG de Citigroup, 57 ans, a préféré agir "avant que le conseil d'administration ne décide de son sort", indique le site internet du journal. Le WSJ, citant deux sources anonymes proches du dossier, avait d'abord annoncé la tenue de ce conseil d'administration dans le courant du week-end, soulignant que de nouvelles dépréciations d'actifs pourraient figurer à l'ordre du jour de cette réunion d'urgence. Interrogé par l'AFP, Citigroup n'avait souhaité faire aucun commentaire.

Le groupe bancaire a vu son bénéfice net au 3e trimestre plonger de 57%, à 2,38 milliards de dollars, et a dû déprécier dans ses comptes 1,35 milliard. La banque a aussi perdu 1,56 milliard sur son portefeuille de titres obligataires adossés à des crédits "subprime", et 636 millions dans les activités de marché.

L'action Citigroup a encore cédé 2,03% à 37,73 dollars, vendredi. Elle avait lâché 6,89% jeudi, après une note de CIBC World Market suggérant qu'elle pourrait baisser son dividende, vendre des actifs ou augmenter son capital, afin de récupérer 30 milliards de dollars. Citigroup avait déjà chuté mi-octobre après ses résultats trimestriels laminés par la crise des "subprime". Son action a perdu près de 32% depuis le début de l'année.

La démission de Charles Prince, si elle était confirmée dimanche, interviendrait moins d'une semaine après celle de Stanley o'Neal, PDG de Merrill Lynch, l'établissement qui a accusé les plus lourdes pertes à cause de la crise des "subprime".