Le PDG de Wal-Mart a appelé à un relèvement du salaire minimum, afin d’aider les finances de ses clients attirés par les prix très bas du numéro un mondial de la distribution.

«Cela fait près de dix ans que le salaire minimum américain, fixé à 5,15 dollars (l’heure) n’a pas été relevé, et nous pensons qu’il ne correspond plus à l’époque actuelle », a déclaré le PDG, Lee Scott, dans un discours prononcé lundi soir devant des analystes.

Wal-Mart, le plus gros employeur privé américain avec 1,7 million de salariés, ne verserait pas forcément des salaires plus élevés si le salaire minimum était relevé, a souligné M. Scott.

«Nous payons presque toujours mieux » que nos concurrents, a assuré M. Scott, excluant une hausse généralisée des salaires dans son entreprise. «L’an dernier nous avons engrangé 10 milliards de dollars de bénéfices, donc nos critiques estiment que nous devrions mieux payer nos salariés. Mais faites les calculs: même des ajustements modestes des salaires, s’ils sont généralisés, élimineraient nos faibles marges », a-t-il dit.

En revanche, le PDG de Wal-Mart a estimé qu’une hausse du salaire minimum serait bénéfique pour les clients. «Nous voyons nous-mêmes à Wal-Mart combien de clients peinent à joindre les deux bouts », a-t-il dit.

Wal-Mart, accusé notamment de tirer les prix vers le bas en laissant certains fournisseurs recourir à des ateliers de servage (sweatshops) est également en conflit avec une coalition internationale de syndicats, qui dénonce son opposition à la syndicalisation.

L’appel de son PDG à la hausse du salaire minimum intervient alors que le Sénat américain a refusé la semaine dernière de porter le salaire minimum à 6,25 dollars.