Une trentaine d'employés et de représentants syndicaux de la filiale Belux du groupe Getronics a manifesté devant le siège de l'entreprise à Diegem vendredi matin, brandissant des pancartes où l'on pouvait lire "Getronics à vendre" ou "direction incompétente". Cette action symbolique avait pour buts d'interpeller le monde politique sur la situation qu'ils traversent et de dénoncer l'attitude de la direction, fermée à tout dialogue social.

© DEMOULIN BERNARD

Pour rappel, le groupe Getronics, actif dans les conseils en informatique, a été récemment racheté pour le fonds d'investissement GSH, à l'exception de la filiale Belux. Celle-ci, qui a pour clients la Commission, le Parlement et le Conseil européens ainsi l'Office de lutte anti-fraude, est en grande difficulté financière et n'intéressait pas GSH. La direction Belux a alors averti les syndicats que, pour rendre la filiale plus attractive, elle allait supprimer 126 emplois (plus d'un tiers des effectifs), via un plan de départs volontaires avec des indemnités minimes. Si ce scénario n'était pas accepté par les représentants du personnel alors, ce serait la faillite, avait prévenu la direction.

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Le front commun syndical dénonce cette attitude. "La direction refuse catégoriquement toutes nos contre-propositions et d'ouvrir une procédure Renault de licenciement collectif. Elle nous demande en plus d'être créatifs sur le plan social. Tout se fait à marche forcée. C'est à prendre ou à laisser", explique le délégué CNE Didier Baucourt. "La direction a déjà engagé un avocat pour envisager la faillite, soit via une demande de procédure de réorganisation judiciaire, qui permettrait une protection contre les créanciers et une recherche de repreneurs, soit pour une faillite pure et simple. Dans ce dernier cas, les indemnités de départ du personnel seront versées par le Fonds de fermeture des entreprises, l’État donc", souligne-t-il.

Il n'y a là aucune manœuvre illégale, tiennent à préciser les syndicalistes, mais ils souhaitent que le monde politique belge se penche sur la loi sur les faillites qui, selon eux, doit être revue.

Pour tenter de sortir de cette impasse sociale, les syndicats ont fait appel à un médiateur social et un bureau de conciliation est convoqué le 15 septembre. En attendant, certains travailleurs prennent des initiatives, comme Pierre-Emmanuel Brysse, manager à Getronics Belux et délégué CNE. "Je démarche moi-même des repreneurs potentiels pour l'entreprise", dit-il.

Au sein des travailleurs de Getronics, le climat est stressant et anxiogène, décrivent leurs représentants syndicaux. Certains se sont déjà mis en recherche d'un autre emploi.