Les journalistes des Editions de l'Avenir se mettent en grève. C'est ce qui a été décidé après une assemblée générale rassemblée ce mercredi. Les relations entre la direction et les journalistes sont extrêmement tendues, en particulier depuis le 3 juillet dernier, lorsque les travailleurs avaient déposé le préavis de grève de 14 jours. La réponse de la direction du groupe, détenu par Nethys, a été "musclée", dénonçaient les journalistes.

Dans un email adressé il y a quelques jours aux délégués de l'Association des journalistes professionnels (AJP) et de la Société des rédacteurs (SDR), la direction considérait, elle, le préavis comme "irrecevable" et "disproportionné", "injustifié, car il postule une immixtion dans des domaines de compétence qui relèvent tantôt du management, tantôt du plan de redressement finalisé et validé par les représentations syndicales", révélait ce mardi la rédaction de l'Avenir.

D'ailleurs, la direction de Nethys essayait de tenir à distance les représentants de l'AJP en leur interdisant quasiment l'accès à la rédaction, ce que dénonce Martine Simonis, la secrétaire générale de l'AJP.

"L'actionnaire veut se débarrasser des dernières organisations qui existent"

"L'AJP n'est pas une organisation sauvage. L'AJP a des délégués dans l'entreprise. Je ne rentre pas en fraude, mais en application d'une convention que la direction a signée. Même chose pour le préavis de grève qui a été déposé dans les règles. On a retenté des négociations mais la seule réponse de la direction a été ces courriels (de menace, NdlR). L'Assemblée générale a voté un soutien à l'AJP, la SDR, à l'unanimité", nous dit Martine Simonis. 

"C'est grave. On sent bien que l'actionnaire veut se débarrasser des dernières organisations qui existent", ajoute-t-elle.

"C'est absolument intolérable"

Le président de la SDR, Emmannuel Wilputte, nous dit quant à lui que la réponse de la direction au préavis de grève, les menaces, suffit déjà pour partir en grève, sans compter toutes les conditions que cette même direction essaie de mettre en place pour restreindre les possibilités de contestations sociales.

"Si on laisse passer ça, c'en est terminé de l'indépendance de la rédaction", nous dit Emmanuel Wilputte. "Tout ça n'a aucun sens. L'actualité des dernières heures suffisait à lancer ce mouvement spontané. C'est absolument intolérable, c'est du jamais vu", conclut-il.