Les prix du pétrole ont de nouveau chuté lundi, le baril reculant de près de quatre dollars à New York, dans un marché qui reste pessimiste quant à l'évolution de la demande mondiale alors que l'économie se détériore.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en décembre a fini à 63,91 dollars, en baisse de 3,90 dollars par rapport à la clôture de vendredi. Après avoir perdu un tiers de sa valeur sur le seul mois d'octobre, du jamais vu, les cours sont restés sous pression dans un marché dominé par les craintes pour la demande d'or noir.

"C'est une tendance relativement bien ancrée dans le marché", a expliqué Antoine Halff, de Newedge Group. "Tous les prévisionnistes revoient à la baisse leurs estimations (de demande, ndlr) et le marché reste braqué sur les risques de contraction de l'économie", a ajouté l'analyste.

Selon les prévisions de la Commission européenne publiées lundi, la zone euro devrait connaître une récession en 2008, avec un recul du PIB sur les trois derniers trimestres. Pour 2009, Bruxelles table sur une croissance quasi nulle, de 0,1%.

Aux Etats-Unis, premiers consommateurs mondiaux d'or noir, l'activité industrielle est tombée en octobre à son plus bas niveau en 26 ans, selon l'indice des directeur d'achats ISM.

Mercredi, les statistiques hebdomadaires du département américain à l'Energie ont confirmé le recul de la consommation de produits pétroliers aux Etats-Unis, premiers consommateurs mondiaux. La demande a baissé de 7,8% sur les quatre dernières semaines par rapport à la même période de l'an dernier.

Dans le même temps, les stocks ont de nouveau globalement augmenté dans le pays, notamment ceux de produits distillés, particulièrement surveillés à l'approche de l'hiver, synonyme d'augmentation de la demande de fioul de chauffage.