Le prix du baril de pétrole a chuté de plus de 4 dollars mercredi à New York, un retour des craintes sur une possible baisse de la demande énergétique, en raison du ralentissement économique, poussant les investisseurs à liquider leurs positions.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en avril, dont c'était le dernier jour de cotation, a fini à 104,48 dollars, en baisse de 4,94 dollars par rapport à la clôture de mardi. Le prix du baril de pétrole s'affichait encore à 111,80 dollars lundi, lors des échanges électroniques d'avant séance. Il a perdu plus de 7 dollars depuis ce pic historique.

"Les investisseurs réalisent enfin que la croissance économique mondiale est en train de faiblir, que l'économie est menacée de récession aux Etats-Unis suite aux difficultés du système financier, que cela va se traduire par une baisse de la demande pétrolière", a expliqué Bart Melek, analyste au cabinet BMO Capital.

En conséquence, "le marché pétrolier a subi des prises de bénéfices", argue l'analyste. De façon générale, un ralentissement économique, notamment aux Etats-Unis, premier consommateur mondial d'énergie, risque d'affecter la demande de brut, estiment unanimement les agences spécialisées et les analystes.

Dans son rapport hebdomadaire sur le niveau des stocks pétroliers américains, le département à l'Energie (DoE) a ainsi indiqué mercredi que les Américains ont consommé moins de produits pétroliers la semaine dernière, soit -3,2% par rapport à la même période un an plus tôt. Les investisseurs ont ainsi ignoré une reconstitution moins forte que prévu des stocks pétroliers, de nature à alimenter une hausse des cours, observe John Kilduff, analyste au cabinet MF Global.

Les réserves de brut ont augmenté de seulement 200.000 barils la semaine achevée le 14 mars, contre +2,3 millions prévus par les analystes. Les importations ont quant à elles baissé de 1,1 million de barils par jour par rapport à la semaine précédente, soit leur plus fort recul depuis octobre. "Si le marché a ignoré des informations aussi haussières, ça veut dire qu'un mouvement de repli des cours est en train de se mettre en place", a estimé M. Melek.