Pour la troisième séance de suite, le pétrole a fortement monté mardi à New York, à son plus haut niveau de l'année, profitant d'un accès de faiblesse du dollar et d'éléments jugés encourageants sur une baisse de l'offre.

Le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en mars a pris 3,48 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), à 53,05 dollars, un niveau que le contrat de référence n'avait plus atteint en clôture depuis le 31 décembre.

Les prix du pétrole ont gagné 8,53 dollars, soit près de 20%, depuis le début de leur rebond vendredi, qui a notamment suivi l'annonce d'une chute plus forte que prévu du nombre de plates-formes pétrolières en activité aux Etats-Unis.

En plus de ce déclin, "de nombreux éléments sont en jeu", a jugé Phil Flynn, de Price Futures Group. "On continue d'annoncer des réductions d'investissements dans l'industrie, avec BP aujourd'hui, et j'ai rarement vu une chute aussi rapide des dépenses dans le secteur."

Les groupes pétroliers britanniques BP et BG sont les derniers en date à annoncer une baisse de leurs investissements, après les Américains Chevron, ExxonMobil et ConocoPhillips, le Français Total et l'Anglo-Néerlandais Royal Dutch Shell, qui ont tous fait des annonces en ce sens lors des derniers jours.

De plus, "les petites et moyennes entreprises du secteur suivent la même tendance, et dans l'ensemble, les industries d'exploration et de production vont baisser cette année leurs investissements d'environ un quart par rapport à 2014", a rapporté Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

Toutefois, "tout ne se résume pas à une histoire d'offre et de demande, on a aussi la baisse du dollar", qui rend plus intéressants les échanges pétroliers, libellés en dollar, a noté Phil Flynn.

Certains analystes restaient sceptiques quant à la solidité à court terme du rebond des cours, estimant, comme Andy Lipow, que "les réserves américaines de pétrole devraient continuer à augmenter lors des prochains mois".

"C'est un rebond technique, qui se nourrit de lui-même, sans que les fondamentaux du marché aient changé, et je ne serais pas étonné que les prix retombent aussi vite qu'ils ont monté", a prévenu John Kilduff, d'Again Capital.