Le prix du baril de Brent, le pétrole échangé à Londres, est passé sous 97 dollars jeudi vers 14H45 GMT, et a touché 96,99 dollars, un plus bas depuis le 4 mars dernier, pénalisé par la poursuite de l'appréciation du dollar sur le marché des changes.

La baisse des prix était alimentée par le raffermissement du dollar, qui est passé dans la matinée sous le seuil de 1,39 dollar pour un euro pour la première fois depuis près d'un an. Il touchait un nouveau plus bas depuis un an à 1,3882 dollar jeudi après-midi.

Le raffermissement du billet vert rend moins attractives les matières premières libellées en dollar pour les investisseurs munis d'autres devises.

Il traduit aussi le retour des investisseurs vers la monnaie américaine, qu'ils avaient massivement délaissée au profit des matières premières en raison de la crise financière.

Cette évolution reflète les craintes du marché pour la croissance européenne, qui pourrait aussi se répercuter sur la consommation de pétrole. Aux Etats-Unis, premier pays consommateur mondial d'or noir, la demande de produits pétroliers continue de reculer et est désormais inférieure de 3,8% à son niveau de l'an dernier, selon les chiffres publiés mercredi par le département américain à l'Energie.

La consommation d'essence a baissé de 2,1% par rapport à l'an dernier, soit un recul plus marqué que celui constaté les semaines précédentes, alors même que les prix à la pompe sont nettement retombés par rapport à leurs sommets de juillet. Dans le même temps, le light sweet crude, le brut échangé à New York, se rapprochait toujours plus de la barre des 100 dollars avec un plus bas à 100,18 dollars le baril.