Le géant pétrolier britannique BP va offrir pour la première fois à l'ensemble de ses salariés des actions, afin de les associer au virage "vert" pris par le groupe après une année difficile en raison de la pandémie. L'annonce a été faite par le directeur général, Bernard Looney, la semaine dernière lors d'un séminaire en ligne, selon un communiqué de BP transmis à l'AFP.

"Que vous soyez un serveur de cafés en Nouvelle-Zélande, un ingénieur en forage en Azerbaïdjan, un employé dans l'extraction en Afrique du Sud ou un analyste en Inde, plus de 60 000 personnes dans 66 pays recevront une part de l'avenir de BP", s'enthousiasme M. Looney.

Pour la première fois dans l'histoire du groupe, tous les salariés auront droit à un versement exceptionnel d'actions ou d'options (produits financiers permettant d'acquérir une action ultérieurement).

BP assure qu'il s'agit d'associer son personnel au "succès" du groupe au moment où il tente de se transformer pour accompagner la transition énergétique et être moins dépendant des hydrocarbures. Il va multiplier par 10 ses investissements dans les énergies à faibles émissions carbone d'ici 2030, avec l'accent mis sur l'éolien.

En revanche, le versement d'actions ne concernera pas M. Looney ni le directeur financier Murray Auchincloss.

Une perte nette de 20 milliards en 2020

L'attribution ne sera pas la même selon le degré de responsabilités dans l'entreprise. Les actions seront distribuées en 2021 mais elles seront bloquées jusqu'au premier trimestre 2025, période à partir de laquelle elles pourront être cédées et qui correspond à l'achèvement de la réorganisation en cours de BP.

Le groupe précise, sans dire comment, qu'il compte compenser l'effet de dilution pour les actionnaires existants et dont le poids dans le capital devrait s'effriter. BP indique que ce plan n'aura pas de conséquences financières majeures, notamment sur la réduction de sa dette.

Il rappelle en outre qu'il est en avance dans l'exécution de son programme d'économies de 2,5 milliards de dollars sur l'année, qui passe par la suppression de 10 000 emplois dans le monde, soit 15 % de ses effectifs.

Le groupe a payé un très lourd tribut à la crise sanitaire qui a fait chuter la demande de pétrole à travers le monde. BP a subi une perte nette abyssale de 20,3 milliards de dollars en 2020, mais s'attend à une reprise en 2021 grâce à la meilleure tenue des cours du brut qui sont revenus à 60 dollars et ont effacé leur effondrement causé par la pandémie.

La crise sanitaire l'avait contraint par ailleurs de réduire son dividende pour la première fois depuis la marée noire de 2010 consécutive à l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique.