General Motors va présenter dans les jours à venir un plan de sauvetage de sa filiale Opel dont le montant pourrait atteindre 3,3 milliards d’euros.

Le directeur général par intérim d’Opel Nick Reilly était lundi à Bruxelles pour rencontrer plusieurs responsables politiques dont le vice-ministre allemand de l’Economie Jochen Homann et le ministre-président de la région flamande Kris Peeters.

Kris Peeters a expliqué que GM présenterait un plan de restructuration aux gouvernements européens "d’ici la fin de la semaine" et que les responsables de l’Union européenne l’étudieraient ensuite avant de se prononcer le 4 décembre sur l’attribution d’une aide publique.

Les pays européens ont justement convenu de ne plus négocier individuellement avec le constructeur automobile General Motors d’aides publiques dans le cadre de la restructuration de sa filiale Opel, mais de coordonner leur réponse.

Le commissaire européen à l’Industrie Günter Verheugen, à l’initiative de la réunion de lundi, a récemment jugé "alarmantes" les promesses d’argent faites en coulisses à GM par différents pays pour sauver les emplois d’Opel sur leur sol, disant vouloir "éviter une mise aux enchères des emplois".

"Nous n’allons pas jouer les uns contre les autres", a de son côté assuré Kris Peeters. Le gouvernement flamand s’est dit prêt à accorder 500 millions pour sauver l’usine Opel d’Anvers, qui semble être condamnée à la fermeture dans le cadre du plan de restructuration d’Opel. General Motors compte supprimer 9 000 à 10 000 emplois sur un total de 50 000 en Europe.

L’avenir s’obscurcit d’autant plus pour Opel Anvers que l’arrivée annoncée de l’assemblage de modèles SUV (Sport Utility Vehicle) semble remise en question par Nick Reilly, a encore indiqué Kris Peeters à l’issue d’une rencontre sur l’avenir d’Opel en Europe. Il y a deux ans, a rappelé M. Peeters, GM Europe a "promis" au premier ministre de l’époque, Guy Verhofstadt, que l’usine d’Anvers pourrait assembler en 2010 deux nouveaux modèles de 4X4 de type urbain, dits SUV.

Mais M. Reilly a remis cet "engagement" en question lundi en marge de la réunion sur l’avenir d’Opel en Europe, au cours de laquelle il a rencontré le ministre-président flamand et le ministre fédéral pour l’Entreprise, Vincent Van Quickenborne. "I l a réagi plutôt négativement, comme s’il s’agissait juste d’une information de presse", a dit M. Peeters du patron de GM Europe. "Je lui ai rappelé qu’il s’agissait d’un engagement que nous prenions très au sérieux. J’espère qu’il aura compris à ma réponse qu’il ne peut revenir sur cet engagement de manière aussi légère".

L’assemblage des SUV a été présenté en 2007 comme une compensation à l’arrêt de la production de l’Astra à Anvers, mais il est rapidement apparu que l’arrivée de ces modèles 4X4 ne pourrait jamais se faire pour 2010, comme prévu initialement. (Avec Reuters, AFP et Belga)