Le secteur de l'agroalimentaire a lancé lundi à Louvain-la-Neuve Wagralim, le pôle de compétitivité Agro-industrie. L'initiative s'inscrit dans le cadre du Plan Marshall wallon qui a décidé de la création de 5 pôles de compétitivité: l'aéronautique et le spatial, l'agro-industrie, le génie mécanique (busé en première session des pôles), les sciences du vivant, la logistique et le transport. Et à la clé, une enveloppe régionale de 280 millions d'euros étalée sur 4 ans pour les 5 pôles.

Wagralim (90 partenaires industriels, 700 chercheurs) s'est fixé une priorité: dégager des synergies entre les industriels et les acteurs de la recherche et de la formation autour de projets innovants. Il se fixe pour ambition de créer 1 000 emplois en dix ans et de porter la dynamique de croissance à +1,5 pc (+1 pc depuis 2000). «L'agroalimentaire est important en Wallonie, il est le troisième secteur industriel en termes de chiffre d'affaires (5,9 milliards d'euros) et le deuxième en termes d'emplois (20 000 personnes)», a indiqué le Pr Yvan Larondelle (UCL), vice-président de Wagralim. D'après lui, le secteur dispose d'un fort potentiel de croissance et ce via plusieurs créneaux: ingrédients alimentaires, valeur santé des aliments, plats préparés, etc.

D'après le président Jacques Crahay, également patron de l'entreprise Cosucra-Warcoing et président de la Fevia (fédération de l'industrie alimentaire) Wallonie, le secteur étant trop dispersé (plus de 600 entreprises en Wallonie dont 90 pc emploient moins de 50 personnes), Wagralim rapprochera les acteurs du secteur. Quatre thèmes ont été définis: aliments-santé, technologies innovantes, bio-emballages à usage alimentaire et filières d'industrie alimentaire durable. Chaque axe doit accueillir des projets socles sur lesquels viendront se greffer des projets industriels plus pointus (via des appels à projet), liés directement à des applications ciblant des produits ou des marchés spécifiques.

Projets pour 26 millions

Deux projets socles de R&D sont déjà validés et un appel est lancé pour la rentrée d'autres. Il y a Walnut 20 (10 partenaires scientifiques et 10 industriels) pour l'axe «aliments-santé» (budget de 6 millions d'euros). Deux partenaires industriels (dont la société Galactic) et un scientifique vont développer le projet Biowall (environ 20 millions d'euros) dans le cadre des «bio-emballages». «Le projet vise le développement de bioplastiques du type polylactide (PLA) destinés à l'usage alimentaire. Il est issu de ressources renouvelables (betteraves sucrières, blé, maïs) et est biodégradable», explique Philippe Coszach, responsable R&D chez Galactic.

L'objectif est de finaliser Biowall dans 4 ans et de créer une unité de production en Wallonie. Elle est appelée à jouer le rôle de leader en Europe où se trouve l'essentiel de la demande, car actuellement l'offre vient des USA, du Japon et de la Chine. «Une unité de production de 150 000 tonnes de PLA, c'est environ 250 travailleurs», dit-il.

Les dirigeants de Wagralim ont rendez-vous ce mardi chez le ministre wallon Jean-Claude Marcourt (PS) pour savoir si le pôle disposera d'un budget lui permettant d'engager au moins un coordinateur. Car, à l'instar des autres pôles, Wagralim ne connaît pas encore son mode de financement. Son conseil de gouvernance entend être à la manoeuvre.

© La Libre Belgique 2006