Mercredi vers 18h, sur l'IntercontinentalExchange (ICE) de Londres, le cours du Brent de la mer du Nord pour l'échéance de juin perdait 1,13 dollar à 64,41 dollars. Le baril de "light sweet crude" pour la même échéance reculait de 1,25 dollar à 61,01 dollars à New York, après un repli jusqu'à 60,75 dollars, un plus bas depuis le 22 mars.

Les cours étaient stables avant la publication du rapport du département américain de l'Energie (DoE), et avaient même grappillé quelques cents à Londres en début de séance.

La tendance s'est inversée aussitôt connue la progression de 5,6 millions de barils des stocks de brut lors de la semaine terminée le 4 mai, assortie d'une hausse de 400.000 barils des stocks d'essence.

Ces résultats dépassent largement les attentes des analystes, qui tablaient sur des stocks de brut en hausse de 875.000 barils seulement, et des stocks d'essence en hausse de 150.000 barils. Même les réserves de produits distillés, qui comprennent le diesel, ont fait mieux que prévu, progressant de 1,7 million de barils, contre une baisse attendue de 450.000 barils.

"Ce rapport est baissier pour les prix, pour deux raisons principales. D'abord grâce à la très importante progression des stocks de brut la semaine passée, ensuite grâce à la hausse des stocks d'essence, qui met fin à une période de douze semaines de baisse", a réagi Veronica Smart, analyste à l'Energy Information Center (EIC).

Un recul de 15%

Les stocks d'essence avaient en effet reculé sans interruption depuis début février, fondant de 34,1 millions de barils, soit environ 15%. Même s'ils restent en dessous de leur moyenne des cinq dernières années, cette hausse est un signal encourageant, alors que commence fin mai la saison de haute consommation et de départs sur les routes des Américains.

Qui plus est, les raffineries américaines ont augmenté la cadence de production la semaine dernière, exploitant leurs capacités à 89%, soit 0,7 point de pourcentage de plus que la semaine précédente.

"Ces chiffres sont parvenus à faire passer aux deuxième plan les nouvelles en provenance du Nigeria qui avaient soutenu les cours mardi", a ajouté Veronica Smart.

Le problème du Niger

La région du delta du Niger, riche en pétrole, est actuellement en proie à des violences, enlèvements de travailleurs étrangers et sabotages d'infrastructures de la part du Mouvement d'émancipation du delta du Niger (MEND). Mercredi matin, ce sont quatre étrangers employés de l'américain Chevron qui ont été enlevés au large des côtes de l'Etat de Delta. Cet enlèvement n'a pas encore été attribué au MEND, mais le mouvement avait revendiqué mardi la destruction de trois importants oléoducs dans le sud du pays, après avoir annoncé son intention de redoubler ses attaques.

La production nigériane est à l'heure actuelle amputée d'un quart environ en raison des attaques incessantes contre les infrastructures. Selon les analystes de la maison de courtage Sucden, "les attaques causent la perte de 844.000 barils par jour, soit légèrement plus du quart de la production" théorique du Nigeria, qui se monte à environ 3 millions.

p>Bart Melek, analyste chez BMO Capital Markets, estime à 2,24 millions de barils par jour la production du pays, sur une capacité de quelque 3 millions. Selon des chiffres publiés en avril par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), la production nigériane était de 2,17 millions de barils par jour en mars.