Les prix du pétrole ont dépassé vendredi pour la première fois le seuil de 142 dollars le baril, grimpant jusqu'à 142,26 dollars à New York et 142,13 à Londres, les investisseurs délaissant les marchés d'action pour se ruer sur l'or noir. Ce nouvelle envolée efface des records datant seulement de la matinée, à 141,98 dollars à Londres et 141,71 dollars à Londres.

Les prix du brut ont plus que doublé en un an, et dépassé jeudi pour la première fois le seuil symbolique des 140 dollars le baril. Selon un cycle infernal, ils profitent de la désaffection des investisseurs pour les Bourses d'action, qui elles mêmes pâtissent lourdement du pétrole cher.

Le Foostie de Londres a touché jeudi soir un plus bas depuis la mi-mars, le CAC 40 de Paris était en chute livre vendredi matin et le Dax de Francfort non loin d'enfoncer son plus bas de l'année (6.168 points).

L'affaissement de la devise américaine, passée jeudi de 1,55 à plus de 1,57 dollar pour un euro, augmente encore la séduction du pétrole aux yeux des spéculateurs: lorsque le billet vert baisse, ils tendent à acheter des matières premières vendues en dollar pour se prémunir contre l'inflation.

En toile de fond, les prix restaient soutenus par un cocktail très haussier composé d'inquiétudes sur les disponibilités futures d'or noir, de tensions géopolitiques et de pronostics très haussiers sur les prix de l'or noir.

Le président du géant énergétique russe Gazprom Alexeï Miller a ainsi prédit une hausse drastique des prix du brut, comme il l'a déjà fait récemment, prévoyant un prix à 250 dollars le baril.