D’étranges ambassadeurs humanoïdes envahissent le monde de la santé. Zora Bots, leur concepteur, parie sur la complémentarité entre l’homme et la machine.

Bâtir un programme national et international d’ambassadeurs qui font aussi le choix de considérer l’innovation comme un moyen de prendre soin de la personne, de l’humain en général", c’est la ligne de conduite de l’opération "Who Cares ?", un programme piloté par la société spécialisée en robotique Zora Bots. Après Kia, Belfius, Hyundaï, ABB, Medtronic et d’autres encore, la société de solutions pour infrastructures informatiques Hestia est la dernière à rejoindre cette dynamique. Et Hestia s’engage très concrètement puisqu’elle permet aujourd’hui d’offrir pas moins de 17 robots d’aide aux soins à 17 hôpitaux de Belgique.

Zora Bots, implantée à Ostende, s’est lancée depuis 3 ans dans le développement de logiciels pour robots humanoïdes. Fondée par deux passionnés de robotique, Fabrice Goffin et Tommy Deblieck (photo), et experts de l’"hospitalité" (ils ont créé des solutions de clés intelligentes pour l’hôtellerie), la société a ensuite décidé de mettre son expérience et son sens de l’innovation au service de la personne.

L’idée est d’utiliser la technologie et la robotique pour rendre le quotidien des humains plus facile et créer plus d’interactions entre eux. Le développement des cerveaux pour les robots qui répondent aux noms de Nao et Pepper est devenu leur spécialité, car si la coquille des robots est franco-japonaise (Softbank group), le "cerveau" lui est bien belge et signé Zora Bots.

Aujourd’hui, l’entreprise ostendaise gère plus de 300 robots implantés à travers le monde. Les pays concernés sont, entre autres, la Belgique, la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Suisse, la Norvège, l’Australie, le Japon et bien sûr les États-Unis. Sa démarche est animée par un principe : les robots ont leur place dans la société s’ils interviennent au service de la personne et non à la place de la personne. "Avec nos robots, nous mettons principalement l’accent sur l’assistance, la complémentarité et le support. Et non sur le remplacement des êtres humains par des robots !", expliquent Fabrice Goffin et Tommy Deblieck.

C’est ainsi que Zora Bots est la première société au monde à avoir placé un robot humanoïde au service de l’humain dans le secteur de la santé en tant qu’"auxiliaire de vie". Dans les hôpitaux, ils fonctionnent notamment comme "assistants" dans les services gériatrique, pédiatrique et de revalidation. Ils permettent l’animation d’ateliers de kiné, de jeux, d’exercices cognitifs, de rappels d’informations. On les retrouve aussi à l’accueil dans le hall d’hôpitaux (à Liège et à Ostende notamment) et dans de plus en plus de maisons de repos.

Mais la vocation des robots s’étend également à la vie quotidienne. L’hôtel Marriott de Gand a accueilli le premier employé humanoïde au monde au cours de l’été 2015. La firme flandrienne a encore développé des applications pour les aéroports (un robot équipé des solutions Zora aide au flashage des cartes d’embarquement et délivre des infos aux voyageurs). Des applications sont également disponibles pour l’enseignement de la maternelle à l’université. Et cela ne fait que commencer.