Ii>Il y a un monde de dingue, les portes ont encore dû être ouvertes un quart d’heure avant l’heure pour laisser entrer les gens." Entendu samedi matin au Salon de l’Auto, ce constat devait se concrétiser dans les chiffres de fréquentation diffusés à la fermeture, dimanche soir : un peu plus de 600 000 visiteurs ont arpenté les stands et travées du 88e Salon de l’Auto de Bruxelles, qui s’est déroulé du 14 au 24 janvier. Un peu moins qu’en 2008 - 5-6 % - en valeur brute, le résultat devient équivalent en valeur relative : cette année, il y avait une journée et une nocturne en moins qu’il y a deux ans.

Du côté des constructeurs, l’impression qui prédomine est l’enthousiasme, rien moins. Celui-ci ne se base pas sur des chiffres de vente, qui ne seront connus qu’en mars, voire plus tard. Sur le Salon, en effet, la plupart des marques se contentent de faire des offres de prix, répercutées ensuite - ou non - chez les concessionnaires. Mais certains signes sont positifs. Ainsi, durant la période, Volkswagen a battu son record de vente en une seule journée, dans le réseau, pour atteindre 500 voitures.

Le contexte de crise économico-financière, avec l’effet retard sur le chômage, n’aurait-il donc pas joué ? Ô que si ! Plus encore qu’auparavant, le client vient chercher les bonnes affaires. "Avant même de dire bonjour, certains disent qu’une telle voiture les intéresse et demandent combien de ristourne on fait" , constate-t-on chez Suzuki. Des ristournes, il y en avait de belles à aller chercher, cette année. Même les constructeurs haut de gamme, d’ordinaire un peu pingres, se sont concurrencés à ce niveau : dans certains cas, on est allé bien au-delà des 7 à 10 % de mise dans le segment. Et puis, il y a les modèles en fin de cycle commercial, sur lesquels on peut trouver un véhicule superéquipé à un tout bon prix. Chez Audi, l’on estime que "l’angoisse économique conduit certains à se diriger vers des valeurs sûres" , tout en précisant que les A3 et A4 TDIe ont le vent en poupe. Pourquoi ? Ces automobiles moins polluantes sont moins taxées.

C’est l’autre phénomène marquant du Salon : avec la prime fédérale pouvant aller jusqu’à 15 % et l’écobonus de 800 euros de la Région wallonne, certains véhicules sont devenus tout aussi intéressants à l’achat qu’à l’utilisation. Suzuki Alto, Ford Fiesta et Focus ECOnetic, Mini et même BMW 320d deviennent des maîtres achat pour des consommateurs devenus chasseurs de primes. Sans l’effet brutal, mais ponctuel des primes à la casse, la Belgique nettoie ainsi son parc automobile. Petit à petit certes, moins vite que le voudraient des organisations comme le WWF, mais tout de même.

Et puis les constructeurs font aussi de sérieux efforts pour renouveler leur gamme. Ainsi, Citroën réussit-il un joli coup avec la DS3, qui offre des possibilités de fantaisie et de personnalisation importantes, avec plus d’espace et d’habitabilité que Mini ou Fiat 500, par exemple. Au Salon, on vend aussi des véhicules non encore présentés, ou alors en stoemelings , comme la nouvelle Série 5 BMW, visible à l’arrière du stand, sur invitation. Il y en a même qui parviennent à vous vendre une auto dans un sac. Pas n’importe laquelle, certes : du nouveau Porsche Cayenne, il n’y avait ni photo, ni prix, ni liste d’options. Une soixantaine de contrats d’achat ont pourtant été signés. Avec de nombreuses autres nouveautés, Série 5, Cayenne, coupé hybride Honda CR-Z seront présentés officiellement au salon de Genève, du 4 au 14 mars. Ainsi qu’une certaine Audi A1 .