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Le travail intérimaire a connu une hausse de 11,16% de son activité en 2015 ce qui en fait la meilleure année depuis les débuts du secteur dans les années 1950. Après une augmentation de 9% en 2014, l'intérim a crû de plus de 20% en deux ans, a indiqué Federgon, fédération du secteur de l'intérim, lors de la présentation de ses chiffres annuels, mercredi. 

En tout, 584.332 travailleurs (+7% par rapport à 2014) ont presté au moins un jour en tant qu'intérimaire, soit 100.345 équivalents temps plein. La part des étudiants a progressé, à 217.880, et ceux-ci travaillent davantage qu'auparavant en dehors de la période estivale. Le nombre de travailleurs intérimaires de plus de 50 ans augmente également: ils représentaient 9,8% des intérimaires en 2015.

Sur les trois premiers mois de l'année 2016, l'activité intérimaire a augmenté de 2%, ajoute Federgon.

"La forte hausse du travail intérimaire s'explique principalement par le besoin de flexibilité des entreprises", estime Herwig Muyldermans, directeur général de Federgon. "Les employeurs ont besoin de personnel, mais sont encore trop frileux pour engager. Ils n'ont pas oublié la crise économique et la continuité de la reprise est incertaine." Grâce à sa souplesse, l'intérim permettrait donc de répondre au besoin de main d'œuvre sans prendre de risque.

En toile de fond, la corrélation entre la conjoncture et le travail intérimaire. Lorsque l'activité économique reprend, le travail intérimaire redémarre également. Mais il est aussi le premier à passer à la trappe à l'approche d'une période de troubles.

Selon M. Muyldermans, la suppression de la période d'essai pourrait également expliquer la hausse de l'intérim, mais cela reste incertain: "Dans des pays comme la France, l'Allemagne ou les Pays-Bas, la période d'essai n'a pas été supprimée, mais l'intérim a évolué de manière similaire."

Le 1er octobre 2016, la règle dite des 48h pour la signature d'un contrat intérim sera supprimée, a par ailleurs indiqué Federgon. Jusqu'ici, les travailleurs pouvaient signer leur contrat papier jusqu'à 48h à partir du début d'une mission. Cela ne sera plus possible, ce qui rendra l'utilisation du papier et les envois par la poste difficiles en pratique. Federgon plaide donc pour la numérisation des contrats et la signature électronique. Une plateforme commune à toutes les agences existe déjà et est appelée à se généraliser d'ici l'automne. Un accord "unanime" avec les syndicats a pu être trouvé, se félicite la fédération.

Parmi ses autres priorités se trouve le numéro de registre national, que le secteur souhaite pouvoir demander aux travailleurs. Or ce numéro est actuellement protégé par la législation sur la vie privée, ce qui empêche les employeurs de le réclamer.

Federgon revendique aussi la suppression des barrières à l'intérim dans le secteur public.

Enfin, la fédération a publié un livre baptisé "Au boulot" reprenant des témoignages et des conseils d'intérimaires.