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Le secteur toujours dans le rouge

AFP

Publié le - Mis à jour le

Les compagnies aériennes essuieront encore des pertes de 3 milliards de dollars en 2006 sous l’effet du pétrole cher, a averti lundi l’Association internationale du transport aérien (IATA), qui a dénoncé «l’overdose de taxes » qui freine son retour à la rentabilité. Lors de son assemblée générale annuelle, l’IATA, qui regroupe 265 compagnies représentant 94% du trafic aérien international, a relevé sa prévision de pertes pour l’année, jusqu’ici fixée à 2,2 milliards de dollars.

En cause, une facture carburant attendue à 112 milliards de dollars contre 91 milliards en 2005, qui représentera à elle seule 26% des coûts d’exploitation du secteur.

2006 s’annonce ainsi comme la 6e année consécutive de perte pour le transport aérien. Depuis 2001 et les attentats du 11 septembre qui avaient plongé le secteur dans la crise, le déficit cumulé atteint 40,7 milliards.

«Le pétrole reste l’inconnue majeure. La hausse des prix nous vole notre rentabilité », a expliqué le directeur général de l’IATA, Giovanni Bisignani, qui table cette année sur un prix moyen du baril à 66 dollars.

Toutefois «nous commençons à voir la lumière au bout d’un tunnel de cinq ans », grâce à la chasse aux coûts entreprise par les compagnies et la nette reprise du trafic mondial de passagers qui devrait progresser de 6,7% cette année, a-t-il souligné.

«Si le prix du baril se stabilise, nous pourrions enregistrer un petit bénéfice l’année prochaine », a-t-il estimé.

«Nos efforts ont fait passer le point d’équilibre du secteur d’un prix moyen du baril de pétrole de 14 dollars à 50 dollars », s’est félicité M. Bisignani.

Au total, l’industrie a fait baisser ses coûts hors carburant de 13% en cinq ans et compte poursuivre dans cette voie.

Parmi les priorités affichées par l’IATA, figure la disparition du billet d’avion papier au profit du billet électronique, programmée pour fin 2007, qui doit permettre d’économiser 3,5 milliards de dollars par an. Près d’un billet sur deux est d’ores et déjà électronique.

Mais les compagnies estiment que leurs efforts pour sortir de l’ornière sont freinés par la hausse des redevances aéroportuaires et la multiplication des taxes. «Ne nous tuez pas avec une overdose de taxes », a martelé M. Bisignani.

«Nous ne pouvons pas continuer à payer pour l’inefficacité des aéroports », s’est-il insurgé, chargeant en particulier Aéroports de Paris (ADP), qui compte augmenter ses tarifs de 5% par an jusqu’en 2010.

Le commissaire européen aux Transports Jacques Barrot a promis «une proposition législative avant la fin de l’année » sur les redevances.

L’IATA s’est également élevée contre la multiplication des taxes imposées au secteur aérien, dont la taxe de solidarité sur les billets d’avions voulue par le président français Jacques Chirac.

«La proposition ne fonctionne pas ailleurs qu’en France », a dit M. Bisignani. «Mais c’est une petite victoire dans une guerre aux nombreux fronts », a-t-il nuancé, citant de nouveaux projets de taxation de l’aérien en Inde ou en Suède.

M. Bisignani a appelé de ses voeux une libéralisation totale du secteur qui pourrait selon lui rapporter 12 milliards de dollars aux compagnies, en déplorant le gel des négociations de «ciel ouvert » entre les Etats-Unis et l’Europe.

M. Barrot a rappelé que les discussions achoppaient sur le contrôle des compagnies aériennes américaines. Pour lui, l’avenir du secteur passe aussi par des «accords stratégiques avec la Chine, l’Inde, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Chili ou la Russie ».

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