Les seuils d'obtention des disques d'or, d'argent, de platine et de diamant ont été abaissés pour la deuxième fois en trois ans en raison de la crise des ventes attribuée au téléchargement illégal, a-t-on appris vendredi auprès du Syndicat national de l'édition phonographique (Snep).

Désormais, 50.000 albums vendus suffiront à décrocher un disque d'or, contre 75.000 jusqu'ici. Ce précédent seuil datait seulement de 2006, date à laquelle il avait une première fois été abaissé de 100.000 à 75.000, toujours à cause de la chute du marché du disque.

Pour le disque de platine, moitié moins de disques devront désormais avoir été écoulés (100.000 au lieu de 200.000). Le disque de diamant, récompense suprême, correspond maintenant à 500.000 ventes au lieu de 750.000. L'abaissement de ces seuils a pris effet au 1er juillet.

"Le téléchargement illégal est responsable. Ces 6 dernières années, les ventes de disques se sont effondrées de 60%. Les critères de succès ne peuvent plus être les mêmes qu'auparavant", a expliqué à l'AFP David El Sayegh, directeur général du Snep, le principal syndicat de producteurs de disques, qui décerne les certifications de ventes.

"A cause du téléchargement pirate, la musique est dévalorisée au point que même des grandes surfaces n'ont plus envie d'investir et réduisent leurs rayons. Ces effets induits accélèrent le processus, comme un cercle vicieux, alors que le téléchargement légal est loin de compenser cet effondrement des ventes de CD", a ajouté M. El Sayegh.

Les singles sont également concernés par cette baisse des seuils: l'or s'obtiendra dès 150.000 exemplaires (contre 200.000), le platine à 250.000 (contre 300.000) et le diamant dès lors que 400.000 diques, au lieu de 500.000, auront été comptabilisés.