"Vous avez rendez-vous ? Non ? Attendez, je vais voir si l’on peut vous inscrire", pouvait-on entendre samedi à l’entrée d’un magasin de vêtements de la chaussée d’Ixelles, à Bruxelles, où les clients entraient au compte-gouttes. Les caisses ne vont visiblement pas se remplir aussi vite que les commerçants le souhaiteraient. Pour Comeos, porte-parole du commerce en Belgique, le constat est amer : "Le shopping sur rendez-vous a un impact dramatique dans les rues commerçantes. Les magasins touchés par les nouvelles mesures ont réalisé en moyenne 60 à 85 % de chiffre d’affaires en moins ce samedi par rapport à un samedi normal", avance Comeos, qui réclame donc des mesures de soutien.

13.000 emplois menacés

Il est vrai que si l’on a pu constater un petit "rush" dans les magasins dits non essentiels après l’annonce, mercredi, du Comité de concertation de fermer ces magasins à partir de samedi ou d’instaurer ces prises de rendez-vous, les rues commerçantes se sont désormais - forcément - vidées de leurs clients. Ces derniers trouvent d’ailleurs les règles peu claires, avance Comeos, ce qui ne facilite rien. "Dans la pratique et dans les chiffres, les nouvelles mesures du shopping sur rendez-vous équivalent à une troisième fermeture. Le gouvernement doit assumer sa responsabilité en soutenant les commerçants. Concrètement, nous demandons une exonération de l’ONSS pour le deuxième trimestre et une contribution aux frais fixes de tous les commerçants, petits et grands", ajoute par ailleurs le CEO de Comeos, Dominique Michel, qui estime que 13 000 emplois sont menacés et que ces nouvelles mesures représentent un manque à gagner d’un milliard d’euros.