La crise du "subprime" (prêts à risque), qui a éclaté il y a plus d'un an aux Etats-Unis, continue à faire des dégâts dans le monde financier. Une banque régionale de l'Etat du Kansas, la Columbian Bank and Trust Company, a été fermée vendredi par l'autorité de régulation fédérale (FDIC), ce qui fait la neuvième faillite chez les banques américaines depuis le début de l'année. Afin de protéger les déposants, la FDIC a conclu un accord avec une banque régionale du Missouri, Citizens Bank and Trust, pour reprendre les dépôts de Columbian Bank.

En Europe, la petite banque danoise Roskilde Bank (100 000 clients pour 600 employés) a elle aussi été déclarée en faillite pour avoir accordé trop de prêts, notamment immobiliers, entraînant des provisions beaucoup plus significatives que prévu. Elle va être rachetée par la Banque centrale du Danemark et un groupement d'institutions financières du pays scandinave, qui du même coup injecteront 603 millions d'euros dans le capital. Il s'agit d'une des rarissimes interventions de la banque centrale danoise pour aider des banques en crise depuis la Seconde Guerre mondiale.

Du côté de la banque américaine Lehman Brothers, la situation semble également délicate. Le titre de la banque d'affaires était de nouveau en recul hier (- 7 pc en milieu de séance à Wall Street). Son rachat éventuel par le groupe public Korea Development Bank (KDB) ne ferait pas l'unanimité en Corée du Sud. Un dirigeant de l'autorité sud-coréenne de régulation des services financiers aurait fait part lundi de ses craintes quant à la reprise d'un établissement à l'étranger.

Cible potentielle

Vendredi, Reuters avait révélé que la banque d'affaires était considérée par KDB comme une cible potentielle parmi d'autres options. Depuis la chute de Bear Stearns, Lehman Brothers est la plus petite des banques d'affaires de Wall Street et concentre l'inquiétude des investisseurs en raison notamment de son portefeuille de crédits hypothécaires de 60 milliards de dollars. Les rumeurs se multiplient à l'approche de la publication des résultats du troisième trimestre. Selon une étude de JPMorgan, Lehman Brothers pourrait enregistrer 4 milliards de dollars de nouvelles dépréciations d'actifs. Confrontée à la nécessité de lever des capitaux supplémentaires, la banque américaine aurait envisagé diverses options dont la cession de son activité de gestion d'actifs, selon les nombreuses rumeurs de presse.

Ce flot de mauvaises nouvelles a mis sous pression les valeurs bancaires, hier. "On attendait deux miracles qui ne sont pas venus : le rachat de la banque Lehman Brothers et une intervention du gouvernement pour sauver (les organismes de refinancement hypothécaire) Fannie Mae et Freddie Mac", soulignait à ce propos un analyste.