La Fédération du textile belge n'avait pas de quoi pavaner lors de la présentation, mercredi, de son rapport annuel 2005. Heureusement qu'entre-temps, 2006 a réussi à marquer quelques points. «Les chefs d'entreprises sont moins pessimistes qu'avant, dira Fa Quix, directeur général de Febeltex. L'indicateur de confiance est toujours négatif, mais il y a eu une amélioration au cours du second semestre 2005 et une confortable augmentation début 2006.»

1 Les «mauvais» points. Après une légère reprise de l'activité en 2004, la production de textile belge a diminué de 5,1 pc en volume en 2005. Recul également, de 3,3 pc, des exportations (hors vêtements confectionnés et en maille), ce qui n'est pas peu dire puisque plus de 70 pc de la production belge est exportée. Recul, encore, des investissements (-7 pc), des prix de vente (de l'ordre de 1,6 pc) et, vu le boom des prix de l'énergie et des matières premières, du chiffre d'affaires (-6 à 7 pc). Recul, enfin, de l' emploi (-6 pc, soit une baisse d'environ 2 000 travailleurs à près de 33 000). Sans que ce soit nouveau, le mouvement descendant s'étant enclenché il y a 30 ans. C'est bien simple, en 2005, la Belgique a produit autant de textile qu'en 1973... mais avec 70 pc de personnel en moins.

2 Les «bonnes» exceptions. Dans ce tableau, tout n'est pas si noir. Ainsi, au niveau de l'emploi, 2005 a vu l'engagement de 500 à 1 000 personnes. Et les entreprises continuent de chercher des tisserands, techniciens d'entretien ou opérateurs machines qualifiés. Du côté des exportations (9,6 milliards d'euros), Febeltex précise qu'elles sont restées stables sur le marché européen qui est et reste le véritable débouché belge (85 pc), et que celles vers les pays de l'Est qui ne font pas partie de l'Union européenne ont augmenté de 3,5 pc. Quant à la spécialisation de la Belgique dans des produits haut de gamme (textile d'intérieur, textile technique), engagée il y a quelques années déjà, elle porte ses fruits, l'industrie textile belge reculant moins rapidement que l'industrie textile européenne (-9,3 pc entre 2000 et 2005 contre -19,6 pc).

3 Les «belles» perspectives. Pour l'année 2006, Febeltex s'est montré prudemment optimiste: les consommateurs belges semblent déclarer forfait, certes, mais le marché européen, lui, est prometteur. Et puis, les fabricants belges manifestent de plus en plus leur volonté de vendre leur production haut de gamme sur les marchés émergents de l'Asie du Sud-Est et du Moyen-Orient.

4 Les «grands» combats. En 2005, Febeltex s'est surtout démenée contre l'invasion des vêtements chinois -dérisoirement bon marché car anormalement... subventionnés. En 2006, elle poursuivra le combat, notamment en demandant à l'Europe de s'aligner sur l'agenda américain en prolongeant d'un an, jusque fin 2008, les quotas des 10 catégories de produits pointés au plus fort de la crise l'an dernier. Mais la fédération se veut également pro-active en matière d'exportation. Elle a mis le doigt sur les différences flagrantes des tarifs douaniers appliqués par certains marchés et compte bien enjoindre l'Europe à exiger la réciprocité: entre les 8,1 pc de droits des 25 et les 17,6 pc des Chinois, il y a trop de marge.

© La Libre Belgique 2006