Pour résister à la flambée du prix du kérosène, les compagnies aériennes imposent des surcharges tarifaires et tentent de réduire leur facture de carburant, sous peine de laisser filer les dividendes de la reprise du trafic.

Le cours du carburant aérien à Rotterdam, aligné sur les prix du baril de brut, s'établissait à 0,4053 €/litre en milieu de semaine. Il a progressé de 68,8pc depuis le début de l'année et de 41,2pc sur un an. « Structurellement, les compagnies aériennes ne sont pas faites pour fonctionner avec un baril à 65 dollars », estime un analyste londonien.

Bien que non taxé, contrairement aux autres produits pétroliers, le kérosène est passé en tête des coûts d'exploitation des transporteurs aériens devant les dépenses de personnel. Il représente désormais 20pc des coûts d'un vol transatlantique.

Et le cours du brut devrait rester ferme à moyen terme, selon des experts. Une perspective qui risque de freiner la reprise du secteur, amorcée depuis 2004 après trois ans de crise.

Se basant sur un prix moyen annuel à 47 dollars le baril, l'Association internationale du transport aérien (IATA) prévoit une facture pétrolière de 83 milliards de dollars en 2005, après 61 milliards en 2004. « Etant donné la vive concurrence qui sévit dans l'aérien, une hausse du poste carburant force les compagnies à choisir entre la peste et le choléra:répercuter cette hausse sur les passagers, au risque de perdre des parts de marché, ou bien réduire leurs marges commerciales», souligne l'Institut français du pétrole.

Pour l'heure, la quasi-totalité des compagnies, à l'exception des transporteurs à bas tarifs, fait partager le fardeau à leurs clients en ajoutant des «surcharges carburant». Ces majorations tarifaires ne dissuadent pas jusqu'ici les candidats au voyage. Les compagnies ont en effet bénéficié au premier semestre d'une hausse de 8,8pc du trafic international, assortie d'un bon remplissage des classes affaire et première.

La hausse du prix des billets ne compense toutefois qu'en partie l'effet pétrole, forçant les transporteurs à tenter de réduire leurs coûts. Les compagnies s'efforcent de remplacer leurs appareils vieillissants par des avions moins gourmands en kérosène. Le futur long-courrier 787 de Boeing, qui promet une baisse de consommation de 20pc, connaît un franc succès.

L'IATA mène également campagne pour raccourcir les routes aériennes autour du globe et améliorer les techniques d'approche des aéroports, en vue de faire diminuer de 700 millions de dollars la facture pétrolière cette année.

© La Libre Belgique 2005