Près de 110 000 demandeurs d’emploi. Bruxelles continue de battre des records en Belgique, avec un taux de chômage toujours supérieur à 20,4 %. "Ce chiffre, c’est l’officiel, mais pas le réel" , commente Jean-Claude Daoust, président de Beci, l’organisation patronale bruxelloise. "Il est difficile de croire qu’une personne active sur cinq est au chômage , s’étonne M. Daoust. Le travail au noir, c’est l’un des chancres de Bruxelles avec la qualité de son enseignement. Tant qu’on ne résoudra pas ces deux problèmes, le chômage continuera à augmenter dans la capitale."

Selon le "patron des patrons" bruxellois, l’inspection sociale manquerait de zèle à Bruxelles pour débusquer les travailleurs illégaux. "Contrairement à ce qui se passe en Flandre, par exemple, où l’on est parfois aussi trop policier." M. Daoust voudrait qu’on s’attaque davantage à ce "problème de fond, plus marqué à Bruxelles que dans les autres régions, car un jeune qui a commencé à travailler au noir revient très difficilement sur le marché officiel" .

Il serait donc difficile de faire descendre le nombre de demandeurs officiels d’emploi dans ces conditions. Pourtant Gregor Chapelle (PS), jeune directeur général d’Actiris, l’organisme régional de l’emploi, s’y engage : "D’ici 2017, le chômage va diminuer à Bruxelles" , explique-t-il. 2017 ? Oui, car c’est la date à laquelle prendra fin le nouveau contrat de gestion d’Actiris, signé hier par les différents partenaires sociaux, le ministre bruxellois de l’Emploi, Benoît Cerexhe (CDH), et les représentants d’Actiris. Après un an de négociations Le document, d’une centaine de pages, vise notamment à une "meilleure rencontre entre l’offre et la demande" , tout en "favorisant la transition vers l’emploi et en valorisant les compétences".

"Pas très digne d’un Etat démocratique"

La nouvelle direction d’Actiris veut aussi des résultats et améliorer sa gouvernance. "Plus un euro ne sortira sans être évalué", explique Gregor Chapelle, qui précise que d’importants investissements vont être réalisés pour améliorer le service informatique et les infrastructures de l’organisme.

Changement de cap donc pour Actiris qui se veut "un fournisseur de solutions pour l’emploi". Avec pour vocation aussi d’améliorer le "screening" des demandeurs d’emploi avec des tests de compétences. Une idée applaudie par le patronat bruxellois. "Nous recevions parfois des candidats dont les compétences ne correspondaient pas du tout à ce qu’ils avaient déclaré", explique M. Daoust.

Un autre point (qui ne se trouve pas dans le contrat de gestion mais bien sur la table du gouvernement bruxellois) passe moins bien auprès des patrons bruxellois : l’obligation des entreprises de la capitale de faire passer leurs offres d’emploi par Actiris.

Un procédé "pas très digne d’un Etat démocratique", selon Jean-Claude Daoust, qui rappelle qu’actuellement 15 % seulement du total des offres d’emploi à Bruxelles atterrissent sur les bureaux de l’organisme de l’emploi. "Mais si Actiris améliore ses services, les entreprises vont davantage se tourner vers eux. Rien ne sert de rendre ce processus obligatoire."

Restent aussi des inquiétudes sur la sixième réforme de l’Etat qui prévoit de régionaliser plusieurs compétences liées à l’emploi. Avec quels moyens pour Bruxelles ? "On l’a vu par le passé, notre Région n’a jamais été particulièrement gâtée. Nous serons attentifs à ce que Bruxelles reçoive les moyens nécessaires" , conclut le ministre Benoît Cerexhe.