La chaîne de magasins Wibra est au bord du dépôt de bilan. Le tribunal de l'entreprise de Termonde a en effet rejeté la seule proposition de reprise d'une partie des magasins (36 sur 81 et la conservation de 183 employés sur 439) faite par l'actuelle direction belge, a-t-on appris jeudi matin. "Toutefois, la chaîne de magasins reste convaincue qu’un avenir durable est possible pour un nombre important de magasins en Belgique", écrit la direction de Wibra dans un communiqué.

"Nous regrettons ce jugement", déclare Bas Duijsens, directeur général de Wibra Belgique, dans ce même communiqué. "Notre intention a toujours été de pouvoir redémarrer rapidement et de sauver le plus grand nombre d’emplois possible. Nous sommes conscients que cette annonce représente un coup très dur pour nos employés, car beaucoup d’entre eux travaillent avec nous depuis longtemps et sont restés fidèles à Wibra au cours de ces dernières semaines, malgré la grande incertitude quant à leur avenir."

"Cette déclaration ne change cependant rien à notre intention de rester présents en Belgique", ajoute Bas Duijsens. "Nous voulons toujours tout mettre en œuvre pour prendre un nouveau départ de manière rentable, avec le plus grand nombre possible de magasins et d’employés. Au cours des prochains jours, nous examinerons comment nous pouvons aller de l’avant dans les circonstances actuelles, avec un nombre de magasins et d’employés comparable à ce qui était proposé dans la procédure de réorganisation judiciaire. A cet effet, nous consulterons à nouveau les mandataires judiciaires. Si cela n'apporte pas de solution, nous envisagerons de déposer le bilan. Dans tous les cas, cela accélérera la procédure et devrait permettre un redémarrage à court terme."

La direction de Wibra fait état d'une volonté de "faire en sorte qu’un nombre important de magasins soient à nouveau rentables en se concentrant davantage sur une stratégie dans laquelle les assortiments, la présentation et la communication sont mieux adaptés aux besoins des clients".

"En tant que BBTK, nous regrettons la perte de 439 emplois et surtout la facture qui est transmise à la société via le fonds de fermeture d'entreprises", a indiqué le syndicat socialiste flamand des employés.

Le syndicat chrétien ACV Puls ajoute que la direction n'aurait pas été disposée à payer les droits acquis sur le pécule de vacances et la prime de fin d'année. "C'est, selon le tribunal, contraire à la législation en vigueur", commente le syndicat, regrettant que les employés restent dans l'incertitude.

Fin juillet, Wibra avait déposé puis obtenu une procédure de réorganisation judiciaire afin de temporiser auprès de ses créanciers et de lancer la recherche d'un projet de reprise. Au grand dam du front commun syndical, la direction avait alors prévenu que si son projet de reprise d'une partie des magasins n'était pas accepté, ce serait la faillite.