La compagnie pétrolière norvégienne Statoil va reprendre les activités hydrocarbures de sa compatriote Norsk Hydro pour devenir le "leader mondial de la production offshore", ont annoncé les deux groupes lundi. La Norvège est le troisième exportateur mondial de pétrole. Les deux compagnies, leaders du secteur en Norvège, donneront naissance à une société qui devrait produire l'an prochain 1,9 million de barils équivalent-pétrole par jour (bep/j) avec des effectifs combinés de 31.000 personnes.

La nouvelle entité, qui sera rebaptisée ultérieurement, sera dans un premier temps détenue à 62,5% par l'Etat norvégien. "L'industrie fait face à de plus en plus de défis dans le monde. Fusionner maintenant a énormément de sens", ont estimé Jan Reinaas et Jannik Lindbaek, présidents des conseils d'administration de Norsk Hydro et de Statoil, dans un communiqué conjoint.

En pratique, il s'agit d'une prise de contrôle par les actionnaires de Statoil qui détiendront 67,3% de la nouvelle entité, ceux de Norsk Hydro s'adjugeant 32,7%. Le directeur général de Statoil, Helge Lund, devrait prendre le contrôle opérationnel du groupe tandis que son homologue de Norsk Hydro, Eivind Reiten, devrait prendre la présidence du conseil d'administration. Les actions des deux groupes ont bondi à la Bourse d'Oslo: en début de matinée, le titre Norsk Hydro s'adjugeait 23,20%, à 192,50 couronnes norvégiennes (30,9 euros) et le titre Statoil 6,65%, à 184,25 couronnes.

La future entité sera le principal producteur d'hydrocarbures offshore, loin devant l'anglo-néerlandais Shell, le brésilien Petrobras et le britannique BP. Le principal producteur d'hydrocarbures dans le monde, à terre et en mer, demeure l'américain ExxonMobil qui a produit 2,64 millions de barils de liquides (hors gaz) par jour au troisième trimestre. A l'instar des conseils d'administration des deux compagnies, le gouvernement de gauche a apporté son soutien à l'opération qui devrait être bouclée au troisième trimestre 2007.

"C'est le début d'une nouvelle ère. Nous créons une compagnie énergie globale et renforçons l'industrie norvégienne du pétrole et du gaz naturel", a déclaré le Premier ministre Jens Stoltenberg dans un communiqué. "Le gouvernement perçoit le projet de fusion comme industriellement et stratégiquement justifié", a-t-il ajouté. A terme, l'Etat devrait relever à 67% sa part dans la nouvelle compagnie. Il est déjà le principal actionnaire de Statoil et de Norsk Hydro, dans lesquels il détient respectivement 70,9% et 43,8%.

Confrontés à l'amenuisement de leurs ressources sur le socle continental norvégien, Statoil et Norsk Hydro ont tenté ces dernières années de continuer à voler de leurs propres ailes en se tournant vers l'international. La décision, annoncée en octobre, du géant russe Gazprom de développer seul son champ de Chtokman, le plus grand gisement offshore de gaz au monde, situé dans les eaux russes de la mer de Barents, a toutefois été un coup de massue pour les deux compagnies, considérées comme parmi les mieux placées.

La fusion, une question qui a été évoquée de manière récurrente en Norvège, devrait leur permettre de mettre fin à ce problème de taille: la nouvelle entité sera présente dans près de 40 pays et affichera des réserves prouvées de 6,3 milliards bep. Les activités aluminium de Norsk Hydro ne sont pas concernées par cette transaction: numéro trois mondial du secteur, Norsk Hydro continuera d'opérer sous sa propre marque.