Chez les Van Rompay, famille originaire du Brabant flamand, on est entrepreneur de père en fils, avec une prédilection pour les produits pharmaceutiques. Ces derniers mois, il avait été surtout question du fils, Stijn, à qui l’on doit l’une des trois “IPO” de biotechs wallonnes, en 2020, à la Bourse de Bruxelles. Il s’agit de Hyloris, société basée à Liège dont la spécialité est la “reformulation” de médicaments. 

Depuis hier, c’est toutefois Leon Van Rompay qui refait parler de lui. De façon assez inattendue, le conseil d’administration de la biopharma liégeoise Mithra a en effet demandé au “chef” de la famille Van Rompay d’occuper le poste CEO “jusqu’à nouvel ordre, pour un maximum de 12 mois”. Le principal intéressé aurait lui-même été surpris par la demande… Mais “business is business” ! Rattrapé par la justice pour son rôle joué dans l’affaire Nethys, François Fornieri n’est plus en mesure d’assurer la gestion opérationnelle de Mithra. C’est d’autant plus embarrassant que 2021 se présente comme une année charnière pour Mithra. La société, co-fondée en 1999 par M. Fornieri et Jean-Michel Foidart, attend en effet le feu vert de plusieurs autorités sanitaires afin de mettre sur le marché son produit phare, la pilule contraceptive Estelle. Ce n’est pas le moment de jouer aux équilibristes entre justice et business, surtout quand on est une société cotée. Or, il se fait que Leon Van Rompay entretient, depuis plusieurs années, un lien d’affaires et de confiance étroit avec François Fornieri. De quoi rassurer les investisseurs.

Leon Van Rompay n’a rien d’un débutant. Son CV fait état d’une expertise de plus de 40 ans dans l’industrie pharmaceutique, avec des passages chez Bayer, Glaxo et Zambon. Il s’est surtout fait connaître à la fin des années 1990 en créant Docpharma, société spécialisée dans la commercialisation de médicaments génériques. Introduite en Bourse de Bruxelles en 2001, il en était sorti quatre ans plus avec un joli pactole à la clé.

François Fornieri, premier actionnaire de Mithra, reste membre du conseil d’administration. Au besoin, il se dit même à la disposition de son CEO intérimaire…