Les actionnaires de la banque néerlandaise ABN Amro voteraient en l'état actuel des choses pour l'offre de rachat d'un consortium de trois banques européennes, et non pour l'offre recommandée de la britannique Barclays, a indiqué le PDG d'ABN Amro dans la presse samedi.

"Nous devons tenir compte des actionnaires et du risque qu'ils choisiront pour le consortium" car une majorité d'actionnaires "choisira l'offre la plus élevée" et nombre d'entre eux "n'est intéressé que par une seule chose, à savoir le prix le plus élevé, en numéraire et le plus vite possible", a indiqué Rijkman Groenink dans une interview au journal de référence néerlandais NRC Handelsblad.

Vendredi soir, un consortium composé du britannique Royal Bank of Scotland (RBS), du belgo-néerlandais Fortis et de l'espagnol Banco Santander (SCH) a formellement lancé son offre d'achat du groupe néerlandais, à 93% en numéraire et le valorisant à 71,1 milliards d'euros.

Leur offre concurrence l'offre amicale de Barclays, entièrement en actions, qui au cours de vendredi soir, valoriserait ABN Amro à à peine 64 milliards d'euros. Barclays a jusqu'au 6 août pour lancer son offre formelle et a annoncé qu'il envisageait d'y introduire une part de numéraire.

"La différence est trop grande pour que nombre d'investisseurs ne prennent même la peine de regarder l'offre de Barclays (...) meilleure en contenu, mais pas assez bonne en ce qui concerne le montant", a regretté M. Groenink. "Je n'ai jamais caché que l'offre du consortium n'était pas souhaitée. Nous ne sommes pas d'accord avec les plans du consortium et ces projets n'ont pas été discutés avec nous", a-t-il précisé.

Les trois banques du consortium souhaitent dépecer les activités d'ABN Amro en fonction de leurs orientations stratégiques et géographiques. Fortis se réserverait ainsi les activités en Europe du nord et Santander les activités italiennes et brésiliennes d'ABN Amro, tandis que RBS récupérerait ses opérations de banque de détail en Asie et de banque d'entreprise.