CORRESPONDANT EN ALLEMAGNE

Réunis en assemblée générale à Hambourg, les actionnaires de Volkswagen ont massivement approuvé la politique de restructuration engagée par la direction du groupe. Au cours d'une séance houleuse, ils ont tenu à fortifier le président Bernd Pischetsrieder contre ses détracteurs patronaux et syndicaux.

Mardi soir, à la veille de l'assemblée générale, les représentants du personnel au conseil de surveillance avaient accepté de reconduire pour cinq ans le mandat de Pischetsrieder arrivant à expiration en 2007. Ils avaient hésité à le faire pour conserver un gage dans les négociations en cours sur l'assainissement des usines ouest-allemandes de la marque Volkswagen.

On se souvient qu'en février, le groupe avait annoncé le départ volontaire de 20 000 salariés jusqu'en 2008 sur les 105 000 employés ouest-allemands. Le 20 avril, le conseil de surveillance avait donné le feu vert pour la restructuration et le début d'entretiens avec les représentants ouvriers.

Pas de détails sur le plan

Depuis lors, rien n'a transpiré sur les détails de la négociation. «Nous parlerons de détails quand il y aura des résultats, mais je vous assure que nous savons très bien sûr quoi et à quelle fin nous négocions, a lancé Pischetsrieder à Hambourg, soucieux d'agir de concert avec le banc ouvrier. Nous devons absolument décider en commun avec les représentants du personnel», a-t-il insisté.

Effectivement, en échange de son accord pour le renouvellement du mandat du président, le côté ouvrier a obtenu du directoire mardi «l'ancrage» de la sécurité des sites de production et des emplois dans la stratégie du groupe, selon un communiqué du conseil central d'entreprise. En clair, cela veut dire deux choses: on ne fermera pas d'usines en Allemagne et on respectera la convention de 2004 excluant des licenciements massifs jusqu'en 2011.

Départs volontaires

Les entretiens qui viennent de commencer avec les délégués du personnel porteront entre autres sur les 20 000 départs qui seront forcément volontaires, primes à l'appui.

Hier, le président Pischetsrieder a rappelé l'objectif financier: tripler le bénéfice avant impôt du groupe, de 1,7 milliard d'euros en 2005 à 5,1 milliards en 2008.

A Hambourg, la colère des actionnaires s'est dirigée contre Ferdinand Piëch, le président du conseil de surveillance, qui avait dirigé le groupe de 1993 à 2002 et qui avait donné l'impression de saboter le travail de son successeur en spéculant sur le non-renouvellement de son mandat.

«Comment peut-on démonter la direction en pleine restructuration?», s'est échauffé Ulrich Hocker, directeur de la fédération de protection de l'actionnaire DSW. Lui et plusieurs représentants de fonds financiers anglo-saxons et allemands ont prié les 3 500 actionnaires présents dans la salle de refuser le quitus à Ferdinand Piëch.

Toutefois, les rapports de force à l'assemblée générale étaient tels que le «patriarche» devait conserver son poste. En effet, les deux grands actionnaires de VW, l'Etat de Basse-Saxe et Porsche, qui possèdent chacun 20 pc des parts, ont refusé de se rallier aux «frondeurs».

© La Libre Belgique 2006