L'action InBev a perdu, lundi, 5,44 pc à 46,90 euros sur fond de rumeurs relatives à une manoeuvre de défense du brasseur Anheuser-Busch, qu'Inbev souhaite reprendre selon des rumeurs récurrentes.

Il y a quelques jours, le "Financial Times" annonçait que le brasseur belgo-brésilien serait prêt à mettre 46 milliards de dollars sur la table (29,6 milliards d'euros). Mais les propriétaires d'Anheuser-Busch ne seraient pas prêts à abdiquer.

Le week-end dernier, "The Sunday Times" affirmait que le groupe américain avait consulté les banques Goldman Sachs et Citigroup afin de repousser l'offre d'InBev. Cette manoeuvre aurait pour conséquence de forcer le groupe belgo-brésilien à augmenter son offre.

Capacité financière

Selon le quotidien britannique, Inbev aurait déjà discuté avec JPMorgan, Santander, BNP Paribas et Merrill Lynch d'un "package" financier de 50 milliards de dollars (32 milliards d'euros). Autrement dit, le brasseur devrait débourser un montant proche de sa capitalisation boursière (30 milliards d'euros). Certains analystes se demandent même si InBev a la capacité financière d'une opération d'une telle envergure. "Il serait extrêmement difficile, mais pas impossible, pour une entreprise comme InBev de lever du cash afin de lancer une offre crédible", avait estimé August Busch le 7 mai dans les colonnes du Wall Street Journal

Warren Buffett d'accord ?

Par ailleurs, le marché craint également, en cas de reprise, un dividende inférieur aux 2,44 euros brut distribués l'an passé aux actionnaires d'Inbev. Dividende qui avait été fortement augmenté à la surprise générale.

Un mariage du deuxième et du troisième brasseur mondial donnerait naissance à un géant pesant près de 100 milliards de dollars de capitalisation boursière.

La tâche promet toutefois d'être ardue pour InBev, qui a déjà essuyé un refus d'Anheuser-Busch en octobre. Cette maison familiale centenaire est en effet dirigée par l'un des arrière-petits-fils des fondateurs, August Busch IV, fermement opposé à toute OPA. Mais cette détermination risque de ne pas suffire. La famille Busch détient en effet moins de 4 pc du capital du propriétaire de Budweiser, tandis que la banque Barclays en est le principal actionnaire avec 6,1 pc. Le milliardaire Warren Buffett en possède également 5 pc, alors qu'on le dit favorable à une fusion.

L'action Anheuser Bush était en légère hausse hier à Wall Street. Elle se traitait aux environs de 59 dollars alors qu'on a cité un prix pour l'OPA de 65 dollars.