La moisson de médailles par les athlètes belges aux Jeux olympiques de Pékin aura donc été très maigrichonne. On se consolera toutefois en apprenant que d'autres Belges ont brillé dans les coulisses pékinoises. Car si des médailles devaient être remises aux entreprises, la Belgique pourrait en revendiquer au moins quatre.

Evénement sportif et médiatique planétaire (plus de quatre milliards de téléspectateurs !), les 29e olympiades ont pu en effet compter sur le savoir-faire d'un quatuor de sociétés - deux flamandes, deux wallonnes - spécialisées dans les technologies de l'image. Lundi, au lendemain de la clôture de Pékin 2008, elles étaient toutes aux anges.

Alfacam est à l'origine de l'une des plus belles prouesses de ces JO. Leader mondial de l'équipement de retransmission en haute définition, le groupe anversois a dû acheminer à Pékin pas moins de 19 cars de régie (soit la quasi-totalité de sa flotte) et 300 caméras. "Par rapport à Athènes en 2004, pourtant plus proche, tout s'est passé fabuleusement bien à Pékin, se félicite Gabriel Fehervari, patron d'Alfacam. "Notre client, le BOB (NdlR : Beijing Olympic Broadcasting) était parfaitement organisé sur le plan logistique. Et il s'est dit ravi de nos services !". Durant les trois semaines de l'événement, Alfacam a mobilisé une centaine de techniciens, dont la moitié d'employés du groupe. Alfacam a assuré la captation en HD d'environ 75 pc du volume d'heures diffusées (dont les cérémonies d'ouverture et de clôture). Le groupe évalue la retombée du contrat JO à environ 25 pc de son chiffre d'affaires attendu pour 2008. Soit, après un rapide calcul, plus de 10 millions d'euros.

Autre société belge très en vue à Pékin : les Liégeois d'EVS, spécialistes mondiaux de la numérisation d'images. Présente dès 1996 aux JO d'Atlanta, EVS a confirmé en Chine son savoir-faire et la très haute fiabilité de ses systèmes (utilisés à la fois par le BOB et des chaînes de TV partenaires de l'événement). EVS avait détaché sur place une trentaine de ses ingénieurs, pour un chiffre d'affaires qui avoisine les 6,5 millions d'euros.

Nouveau venu dans l'arène des Jeux olympiques, I-Movix, PME montoise spécialisée dans les ralentis extrêmes, ont relevé le défi avec brio. Tout au long des trois semaines, Laurent Renard, CEO, a tenu ses clients informés par courriel. Ainsi, samedi dernier, il expliquait que la "mission avait été accomplie" avec neuf disciplines couvertes par des caméras permettant de capter de 1 000 à 10 000 images à la seconde et une présence constante d'images "made by I-Movix" dans les séquences des diffuseurs présents à Pékin. "Nous revenons en Belgique avec un nouveau distributeur chinois, des commandes chinoises et surtout avec un carnet d'adresses de contact bien fourni".

On épinglera enfin les prestations de Barco qui, moyennant un contrat estimé à 6,5 millions d'euros, a placé une quinzaine d'écrans LED à différents endroits stratégiques de Pékin pour la diffusion en direct d'images des compétitions. "Nous sommes fiers d'avoir imposé Barco comme le premier fournisseur d'équipements de visualisation", s'est réjoui le groupe courtraisien.