L'avion de combat américain F-35 souffre encore de 871 déficiences matérielles et de logiciels qui peuvent avoir une influence sur le fonctionnement ou l'entretien de cet appareil de cinquième génération, rapporte l'agence de presse économique Bloomberg, citant un rapport que le Pentagone doit prochainement publier.

Le programme militaire le plus coûteux de l'histoire des Etats-Unis "continue de présenter un grand nombre de lacunes, dont beaucoup ont été identifiées avant" la phase de développement et de démonstration, qui s'est terminée en avril 2018 avec 941 défauts, écrit le directeur des tests et de l'évaluation opérationnels (DOTE) du département de la Défense, Robert Behler, dans ce rapport.

Selon lui, seules deux déficiences ont été corrigées au cours de l'année écoulée.

34 appareils commandés par la Belgique en 2018

Le F-35, déjà en service dans les trois services de l'armée américaine et dans huit pays alliés ou partenaires de Washington, est construit par le groupe Lockheed Martin, qui a déjà reçu commande de 970 appareils - sur un total potentiel de 3 200.

Le programme F-35 fait l'objet d'une mise à niveau dite "Block 4", d'un coût d'au moins 12,1 milliards de dollars visant à corriger les lacunes du passé et à introduire de nouvelles capacités par tranches de six mois jusqu'en 2026. Ce plan comprend la modernisation de certains avions déjà construits et utilisés par les aviations américaine, britannique et japonaise.

Même avec cet effort ciblé, "le nombre global de lacunes n'a pas changé de manière significative depuis" début 2018, a écrit M. Behler.

Pour rappel, fin 2018, la Belgique a passé un marché portant sur 34 avions à livrer à partir de 2025, pour un montant initial estimé à 3,8 milliards d’euros plus 200 millions de réserve.

Pas de défauts critiques, selon Lockheed Martin

Une porte-parole du "Joint Program Office" (JPO, l'agence du Pentagone qui gère le programme F-35), Laura Seal, interrogée par Bloomberg, s'est refusée à tout commentaire dans l'attente de la publication du rapport de M. Behler.

Lockheed Martin, sélectionné en octobre 2001 pour produire le F-35 dans le cadre du programme "Joint Strike Fighter" (JSF), a pour sa part souligné qu'aucun des défauts recensés n'était classé dans la catégorie "1A", susceptible de mettre en danger la sécurité de l'appareil et de son pilote.

"Bien que nous n'ayons pas vu le rapport, nous suivons tous les rapports de carence du F-35", a déclaré un porte-parole de Lockheed, Brett Ashworth, dans un communiqué. Il a souligné qu'environ 70 % des 871 points en suspens "sont classés comme étant de faible priorité ou sont soumis au JPO pour résolution".