Il y a cinq ans, dans le cadre d'une enquête menée par la société d'intérim Randstad, 62 pc des répondants avaient estimé que le marché du travail était «favorable» pour trouver un emploi ou changer d'employeur. Aujourd'hui, à peine 42 pc des 4 000 sondés considèrent le marché «positif». Avec des grandes différences selon les classes d'âge: les jeunes sont plus optimistes que les plus âgés. De même ceux qui travaillent depuis plus de dix ans dans la même entreprise ne sont que 34 pc à croire qu'ils ont une chance raisonnable de changer d'emploi. Des différences régionales existent aussi: seuls 39 pc des Wallons sont optimistes.

Innovations technologiques

Mais quelles sont les menaces pour l'emploi? Randstad, dans sa nouvelle étude sur les travailleurs et le marché de l'emploi, a posé la question en donnant aux sondés la possibilité de fournir trois réponses. En tête des menaces, on trouve les délocalisations, suivies des charges salariales trop élevées, des faillites et licenciements, des étrangers qui prennent la place des travailleurs belges, et de l'innovation technologique. «Cette perception ne correspond pas toujours à la réalité», notent les responsables de Randstad.

«Quelque 60 pc des sondés considèrent les délocalisations comme une menace, tandis que 30 pc craignent l'innovation technologique. Or la Belgique a perdu plus d'emplois à cause des innovations technologiques qu'à cause des délocalisations.» Autre perception fausse: «Une personne sur trois craint l'afflux des étrangers mais les pays qui ont ouvert leurs frontières il y a deux ans aux travailleurs des dix nouveaux membres de l'Union n'ont pas remarqué un effondrement du nombre d'emplois existants.»

Randstad constate également que cette crainte des étrangers varie fortement suivant le niveau d'études des sondés. Plus le niveau est élevé, moins la crainte est importante. Ainsi seuls 13 pc des universitaires voient les étrangers comme une menace, contre 31 pc de ceux qui ont un diplôme de secondaire général, 44 pc de ceux qui ont fait des humanités professionnelles et 49 pc de ceux qui se sont arrêtés aux primaires.

La Belgique a des atouts

S'il est assez pessimiste, le Belge n'en est pas pour autant tout à fait négatif. Ainsi, l'étude montre que 75 pc des sondés estiment qu'il est possible d'augmenter l'emploi en Belgique. Quant à savoir où l'emploi va augmenter, 48 pc mettent en avant les secteurs des technologies de pointe, 32 pc le partage du temps de travail, 22 pc estiment que cela se fera via les nouveaux systèmes comme les titres-services et 17 pc des répondants voient ces emplois dans la fonction publique.

A la question des atouts de la Belgique, les sondés plébiscitent la formation, du personnel et la situation centrale du pays.

Randstad s'est aussi intéressé à la durée du travail. L'enquête révèle que la majorité des travailleurs pense que celle-ci va augmenter à l'avenir. Idem pour la durée de la carrière: 68 pc estiment qu'elle sera prolongée. Quant à la prépension, les Belges sont particulièrement pessimistes: 23 pc croient qu'elle sera supprimée complètement.

Pour plus de détails, voir «La Libre Entreprise» de samedi prochain.

© La Libre Belgique 2006