Partenaires d'Airbus, des entreprises belges suivent avec attention l'évolution de la situation de l'avionneur européen. Pour elles, les difficultés auxquelles la filiale d'EADS est confrontée actuellement (retard de l'A380, faiblesse du dollar par rapport à l'euro, etc.) auront des conséquences pour leurs activités. "Airbus doit faire des changements profonds pour rester compétitif et obtenir plus de commandes, ce qui signifie plus de contrats pour nous. Par conséquent, nous devons aussi faire des efforts, mais en fonction de nos moyens. Nous ne pouvons plus consentir à des réductions de prix comme nous l'avons fait à la demande d'Airbus. Nous allons donc négocier avec notre partenaire et essayer d'être créatifs. Car nous voulons être considérés comme de bons élèves pour pouvoir participer au programme de l'A350" , dit Claude Bolette, administrateur directeur général de Belairbus. Cette dernière entité est un consortium de trois entreprises belges (Sonaca, Asco, Eurair) qui participent aux programmes d'Airbus. Il s'attend à une hausse du chiffre d'affaires de Belairbus d'environ 5 pc pour 2007. Les contrats avec Airbus pour 2006 devraient lui assurer des rentrées évaluées à 170-180 millions d'euros. A Gosselies, les dirigeants de la Sonaca sont confiants malgré les difficultés. "Les retards liés à l'A380 ont été compensés par une augmentation des demandes de pièces de la part d'Airbus pour les avions A320, A330 et A340. Nous avons aussi une hausse de la charge d'activité pour des commandes au profit d'Embraer. Donc, nous ne serons pas trop pénalisés par les difficultés d'Airbus", renchérit Pierre Sonveaux, président de la Sonaca, spécialiste des bords d'attaque des ailes. Les prévisions pour 2007 et 2008 annoncent une rentrée annuelle provenant d'Airbus à raison de 120 millions d'euros. A Liège, Techspace Aero qui participe au moteur de l'A380 (le GP 7000) indique que ses activités sur l'engin sont en stand-by pour l'instant, mais la demande pour le CFM56, un autre moteur d'avion, lui assure aujourd'hui une charge suffisante.