Les Bourses asiatiques se sont ressaisies mercredi mais, dans un tel contexte de récession économique, les investisseurs demeurent prudents dans l'attente de nouvelles mesures et de connaître l'ampleur de la baisse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi.

La place financière de Tokyo a fini sur une hausse de 1,79%, grâce à des achats opportunistes après la spectaculaire baisse de mardi (-6,35%). "Le marché continue à être influencé par la Bourse américaine", qui a regagné plus de 3% mardi, a commenté Hideaki Higashi, stratège chez SMBC Friend Securities.

Shanghai et Hong Kong ont respectivement affiché des progressions de 4,01% et 1,36% tandis que les Bourses européennes, qui avaient également nettement rebondi mardi, étaient à nouveau orientées à la baisse mercredi matin. A 10H05 GMT, Londres cédait 1,01%, Paris 2,10% et Francfort 2,26%.

Les investisseurs restent prudents alors que plusieurs indicateurs sont attendus dans la journée notamment aux Etats-Unis, avec des données sur l'emploi dans le secteur privé, la productivité au troisième trimestre, l'indice d'activité dans les services.

Dans la zone euro, les ventes du commerce de détail ont reculé de 0,8% en octobre comparé à septembre, tandis que l'indice composite des directeurs d'achat (PMI) pour novembre a été revu en baisse à un nouveau plus bas, à 38,9 points. Sur le marché des changes, l'euro rechutait face au dollar à la veille de la réunion de la BCE qui devrait baisser son taux directeur, actuellement fixé à 3,25%, de 0,50 ou 0,75 point, selon les économistes.

Toujours en matière de changes, un brusque accès de faiblesse du yuan face au dollar cette semaine a relancé les spéculations sur un éventuel changement de politique des autorités chinoises. Lundi et mardi, la Banque centrale chinoise a fixé un cours pivot en baisse (6,8605 puis 6,8527 contre le dollar) tandis que le yuan tombait dans les échanges au maximum de sa limite quotidienne autorisée.

Mercredi, ce cours est toutefois remonté à 6,8502, alors que s'ouvre jeudi à Pékin le dialogue économique stratégique sino-américain consacré aux différends bilatéraux, parmi lesquels, en bonne place, la valeur de la monnaie chinoise. En Thaïlande, la banque centrale a décidé de réduire de 100 points de base de ses taux d'intérêt, à 2,75%. A la crise économique mondiale se sont ajoutés "les problèmes politiques" internes qui "ont provoqué une augmentation du risque en termes de confiance et pour le tourisme", a déclaré le vice-gouverneur de la banque centrale, Duongmanee Vongpradhip.

Au Vietnam, le gouvernement prévoit un plan de plus d'un milliard de dollars (environ 800 millions d'euros) pour stimuler son économie, selon l'Agence vietnamienne d'information (AVI, officielle).

Mercredi, les investisseurs prêteront également attention au discours du trône du Premier ministre britannique Gordon Brown, lu traditionnellement par la reine Elizabeth II. M. Brown avait dévoilé la substance de ce programme dès mai dernier, promettant de concentrer ses efforts sur le "budget des familles". Mais crise oblige, l'effort du gouvernement devrait désormais porter sur la relance de l'économie et la stabilisation du système bancaire, dans la foulée du plan de sauvetage annoncé début octobre.

De son côté, le président français Nicolas Sarkozy présentera jeudi son plan de relance qui comprendra notamment des mesures en faveur du secteur automobile. Selon le quotidien Le Monde, il devrait annoncer une "prime à la casse" de 1.000 euros pour soutenir le marché automobile et encourager la mise au rebut des véhicules anciens et polluants.

Nouvelle mauvaise nouvelle pour le secteur: l'Allemagne a enregistré une chute de 18% de ses immatriculations de voitures neuves en novembre. Coté entreprises, le transporteur aérien espagnol, Iberia, en discussions pour fusionner avec le britannique British Airways, prévoit de supprimer 1.000 emplois parmi son personnel au sol, a affirmé le journal économique Cinco Dias. Le groupe italien de télécommunications Telecom Italia a annoncé pour sa part la suppression de 4.000 postes supplémentaires en Italie.