La fédération Les Brasseurs Belges s'appuie sur ces chiffres catastrophiques pour appeler à un débat serein sur une réouverture rapide de l'horeca. Vu l'importance de ce secteur, tant sur le plan économique que sur celui de la vie en société et de la santé mentale des Belges, cela constituerait une partie de la solution permettant de sortir de la crise sanitaire, estiment les brasseurs.

Présentés mardi à la Maison des Brasseurs à Bruxelles, les chiffres de Graydon sont sans appel: alors que 87,5% des petites brasseries se trouvaient en bonne santé financière en mars 2020, seules 28% le sont encore, alors que 27% connaissent des difficultés et 32% sont au bord de la faillite.

Côté bars et cafés, si 80,2% présentaient un bilan positif avant la crise, on n'en comptait plus que 37% en mars 2021, alors que 26% éprouvent de grandes difficultés et 18% sont menacés de faillite. Toujours selon l'étude, cette situation met en péril 600 emplois directs dans le secteur des brasseries et 13.000 dans celui des bars et cafés. Elle menace même l'avenir des entreprises encore en bonne santé aujourd'hui, en réduisant notamment leurs capacités d'investissement et d'innovation.

Dès lors, le directeur des Brasseurs Belges Krishan Maudgal apporte leur soutien aux patrons de cafés et de restaurants, qui réclament la réouverture des terrasses pendant les vacances de Pâques et une réouverture totale le 1er mai, ainsi qu'un soutien financier important. "Sans quoi, un tiers de ce patrimoine culturel reconnu par l'Unesco risque de disparaître", a-t-il dit lors d'une conférence de presse en ligne.

Selon lui, l'horeca représente une partie de la solution pour sortir de la crise, grâce au contrôle social exercé par les patrons de café dans leur établissement et aux protocoles stricts définis par les fédérations horeca et les experts. Chaque jour compte car la fermeture du secteur représente chaque semaine une dizaine de millions de refinancement supplémentaire, au-delà des mesures de soutien, estime-t-il.