Le monde du jeu vidéo est devenu en quelques années un marché incontournable pour les grands noms des médias. Et pour cause. Selon le cabinet international d’études de marché Gartner, ce segment d’activités devrait avoir totalisé à la fin de cette année un chiffre d’affaires de 93 milliards de dollars. Ceci reprenant, selon Gartner, les consoles de jeux vidéo, les jeux en ligne, sur mobiles et sur PC. Le chiffre d’affaires du secteur s’était élevé à 79 milliards de dollars en 2012, soit une progression d’un gros 17 % d’une année sur l’autre.

On le voit, il y a là à la fois un potentiel de croissance qui justifie le positionnement des acteurs industriel sur ce segment d’activités, et un amalgame de sous-secteurs. Parmi ceux-ci, c’est le jeu sur mobiles qui affiche le potentiel de croissance le plus insolent avec un chiffre d’affaires qui devrait doubler d’ici à 2015, à 22 milliards de dollars, sur un total global estimé à cette échéance de 111 milliards. Mais le gros morceau du marché devrait rester celui des consoles de jeu avec un total de chiffre d’affaires 2013 de 44,28 milliards de dollars et une estimation de 55 milliards à l’horizon 2015, selon Gartner.

Les consoles de poche par contre ont leur avenir… derrière elles. C’est que les smartphones et les tablettes taillent des croupières aux Nintendo 3DS, aux PSP et autres PS Vita. Le Game Boy de nos ados devenus grands a vécu. En 2015, ce secteur - qui pèse quelque 18 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2013 - devrait revenir à un gros 12 milliards alors que les jeux pour mobiles passeraient sur la même période de 13 à 22 milliards de dollars. Les jeux pour ordinateurs personnels, les PC, bénéficieront d’une croissance réduite d’ici à 2015, passant d’un chiffre d’affaires global estimé par Gartner de 17,7 milliards de dollars à 21,6 milliards. Mais il faut tenir compte ici d’un transfert d’activités vers les tablettes qui grignotent des parts de marché aux ordinateurs de bureau et aux laptops. Sur le créneau le plus juteux actuellement, trois grands acteurs se disputent le leadership des gondoles des grands magasins en cette fin d’année, période clé pour les ventes de jeux à l’approche des fêtes : Microsoft, Sony et Nintendo. Chacun de ces acteurs tente d’imposer son produit comme une plateforme multimédia, à l’image de ce qu’Apple a réussi à faire avec l’iPhone et l’iPad, en créant un véritable écosystème capable de glaner l’argent des utilisateurs de manière quasi-automatique. Mais la lutte est rude.

Bataille de chiffres

Avec le lancement des consoles de 8e génération (la Playstation 4 chez Sony et la Xbox One chez Microsoft), la guerre de consoles est entrée dans une nouvelle phase. Depuis la sortie de leur machine (aux Etats-Unis d’abord, en Europe ensuite), les deux géants du secteur s’affrontent dans une guerre - vertigineuse - de chiffres de vente. Sony aurait vendu, en seulement 24h aux Etats-Unis et au Canada, 1 million d’exemplaires de la PS4. Des chiffres aussitôt égalés par la Xbox One, selon un communiqué de Microsoft (qui oublie par ailleurs de préciser que ce million d’exemplaires vendus concerne 13 pays). La multinationale japonaise Nintendo, quant à elle, n’a vendu que 4 millions d’exemplaires dans le monde en un peu moins d’un an. De toute évidence, elle n’a pas été capable de profiter de son avantage sur le calendrier (sa console Wii U a été lancée avec un an d’avance, en novembre 2012).

N’en déplaise à Sony et Microsoft, il faudra probablement patienter pour mesurer la popularité de leur nouvelle console. D’autant que, selon les experts, les deux machines sont quasi équivalentes, en termes de performance notamment. Selon Gartner, l’attachement à la marque (très prononcé chez les adeptes de la Playstation) et le prix inférieur de la PS4 pourraient toutefois faire pencher la balance en faveur de Sony.