Après la fronde des riverains opposés à l'ouverture d'un terminal low cost sur le site de Brussels Airport, une nouvelle partie concernée par le dossier vient d'ouvrir un nouveau front d'opposition au projet porté par Brussels Airport Company (BAC), la société gestionnaire de l'aéroport national. BATA, l'association belge du transport aérien qui regroupe les principales compagnies aériennes belges (Brussels Airlines, Cargo B, JetairFly, TNT, VLM, Thomas Cook) et deux autres associations viennent d'envoyer une lettre aux dirigeants de Brussels Airport s'étonnant de l'entêtement de ces derniers à rendre opérationnel un terminal low cost dès l'automne prochain. "Nous sommes surpris par le contenu de votre lettre, d'autant plus que notre dernière référence sur ce sujet est la lettre du 18 juin 2008, envoyée par M. De Ryck, le régulateur de l'exploitation de l'aéroport de Bruxelles-National et qui indique que le terminal low cost ne peut être opérationnel avant la fin de la période régulée, laquelle se termine au 31 mars 2011. Nous demandons à Brussels Airport Company de fournir à nos associations et aux compagnies aériennes membres la base légale du début des opérations du terminal low cost" , lit-on dans la lettre signée par Günther Hofman, Patrick Hereng et Roger Van Poyer, responsables respectivement de BATA, AOC et BAR, trois associations de compagnies aériennes.

Leur missive, dont "La Libre" a eu connaissance, date du 6 mai et est une réponse à un courrier envoyé par l'aéroport, daté du 30 avril et dans laquelle les dirigeants de Brussels Airport informent les compagnies aériennes opérant sur le tarmac bruxellois de leur intention d'ouvrir le terminal low cost dès le 25 octobre 2009. Ils indiquent dans leur courrier que le low cost terminal (LCT) est construit autour de cinq principaux concepts : infrastructure simple et flexible, usage maximum de l'équipement, procédures simplifiées pour les passagers et les bagages, niveaux de services adaptés à un environnement low cost, termes d'utilisation spécifiques. Ils rappellent les spécificités de l'ouvrage : peu d'espace pour les passagers; pas d'ascenseur, ni escalator sauf pour les personnes à mobilité réduite, deux comptoirs de check-in maximum par vol, etc.

L'ex-Biac rappelle que toutes les compagnies aériennes sont les bienvenues à condition d'accepter les principes inhérents aux opérations dans le LCT : usage d'avions de type C (B737, famille des A320), ouverture de 6h à 22h59, temps de rotation de maximum 30 minutes, pas de facilités de transfert vers d'autres vols, ouvrage réservé uniquement à des vols de et vers des pays où la sécurité est garantie et où la compagnie a fait un seul arrêt (Europe des 27, Norvège, Iceland, Suisse), etc.

Avec la prise de position des compagnies aériennes opérant à Bruxelles, il va de soi qu'en poursuivant son objectif d'ouvrir son LCT en octobre, Brussels Airport risque de se mettre à dos ses principaux partenaires. Ce qui risque de s'avérer contre-productif. Les associations de compagnies aériennes ont envoyé leur lettre au secrétaire d'Etat Etienne Schouppe (CD&V).

BATA avait déjà fait parvenir un courrier à ce dernier le 11 février. Elle se disait choquée par la position de la Direction générale du transport aérien (DGTA) qui entendait prendre des initiatives pour modifier le cadre légal afin de permettre à l'aéroport d'ouvrir son terminal low cost en octobre. Selon l'association, le LCT à Brussels Airport éloignerait encore un peu plus les utilisateurs actuels du seuil de rentabilité. "Les compagnies belges souffrent déjà actuellement d'une concurrence acerbe due entre autres au coût salarial du personnel volant qui est de 60 % plus élevé par rapport aux compagnies étrangères. BATA veut démontrer à BAC qu'il faut investir dans tout l'aéroport et que les charges aéroportuaires doivent diminuer pour tous ses utilisateurs plutôt que d'investir dans un seul business model qui sera au détriment des utilisateurs actuels" , écrit l'association à M. Schouppe. Elle dénonçait aussi le "manque de communication et de concertation" dans le chef de l'ex-Biac.

© La Libre Belgique 2009