Le secteur de l'assurance se porte plutôt bien. Dans plusieurs domaines, les chiffres de 2004 sont semblables à ceux de l'année 2000, soit juste avant la période de crise qu'a connue le secteur à la suite des reculs des marchés boursiers en 2001-2002. C'est ce que montrent les chiffres-clés qu'Assuralia, l'union professionnelle des entreprises d'assurances, a publiés hier.

Ainsi, les résultats comptables des compagnies pour l'année 2004 s'établissent à 1,714 milliard d'euros pour l'ensemble du secteur, contre 720 millions en 2003. En 2002, en pleine crise, le secteur affichait une perte globale de 821 millions. Le chiffre de 2004 est très semblable à celui de l'an 2000 (résultat positif de 1,701 milliard d'euros).

«Il faut toutefois distinguer les secteurs vie et non-vie», tempère Michel Baecker, administrateur délégué d'Assuralia. «Dans les assurances non-vie (encore appelées assurances dommages ou IARD, c'est-à-dire les assurances incendie, accident et risques divers, NdlR), le solde technico-financier net s'élève à 10pc des primes acquises alors qu'il n'est que de 3,9pc dans le secteur des assurances vie.» Selon Michel Baecker, ce dernier chiffre est préoccupant. «Entre la rentabilité du secteur vie et celle du secteur non-vie, l'écart se creuse», insiste-t-il. La cause de cette différence? «En assurance vie, les compagnies doivent prévoir des réserves complémentaires (pour garantir les paiements, NdlR) parce que les taux d'intérêt sont actuellement très bas», explique le patron d'Assuralia. «Cet effort se chiffre en milliards d'euros, les réserves devant être constituées en dix ans. Cette obligation, souvent ignorée du grand public, mange les profits du secteur vie.»

En ce qui concerne les encaissements, la hausse continue, que ce soit dans l'assurance vie ou dans l'assurance non-vie. Cette dernière voit son chiffre d'affaires grimper à 8,525 milliards d'euros en 2004 (+ 4,9pc par rapport à 2003). Une extrapolation à partir des chiffres des six premiers mois de 2005 permet de prévoir un montant de 8,898 milliards d'euros pour cette année (soit une hausse de 4,4pc par rapport à l'an dernier).

Dans le secteur vie, l'encaissement s'établit à 19,891 milliards en 2004, ce qui représente une progression de 13,4pc par rapport à 2003. Les chiffres du premier semestre 2005 permettent d'envisager un montant de 21,903 milliards d'euros cette année (+ 10,1pc par rapport à 2004).

Depuis 2004, on constate un retour vers les assurances de la branche 23 (produits liés à des fonds d'investissement). L'encaissement des assurances vie individuelles de cette branche passe de 2,289 milliards d'euros en 2003 à 2,820 milliards en 2004. Cette année, sur base des chiffres des six premiers mois, ce chiffre devrait grimper à 3,382 milliards. De 2000 à 2003, l'encours de ces produits avait connu une baisse constante.

© La Libre Belgique 2005